Vendredi 27 avril 1945, jour de la catastrophe, raz-de-marée, écrit le samedi (28 avril) matin
Ce fut d’abord le silence. Une nuit trop calme.
Vers minuit, Mlle Behn annonça que l’ennemi avait progressé jusqu’aux jardins ouvriers et que le front allemand était à deux pas…
J’ai mis longtemps à m’endormir, testais en pensée mes connaissances du russe, tentais de me rappeler les expressions que je croyais pouvoir être bientôt utiles. Aujourd’hui, pour la première fois, j’ai brièvement raconté aux gens de la cave que je connaissais un peu de russe et que, parmi la douzaine de contrées ratissées dans mes jeunes années, se trouvait la Russie d’Europe.
Mon russe est élémentaire, c’est le langage utilitaire, piqué à gauche et à droite. En tout cas, je sais compter, dire la date et lire les lettres de l’alphabet. Tout me reviendra vite maintenant que je vais m’exercer. J’ai toujours eu des facilités pour les langues. J’ai fini par m’assoupir en comptant en russe.
J’ai dormi jusqu’à 5 heures du matin. Puis j’ai entendu quelqu’un rôder dans l’entrée. C’était la libraire, elle venait de l’extérieur, elle me saisit la main, et chuchota : «Ils sont là.»
«Qui ? Les Russes ?» J’avais peine à ouvrir les yeux.
«Oui. Ils viennent d’entrer par la fenêtre chez les Meyer» (le magasin de vins et de spiritueux).
Je me suis habillée, coiffée, tandis que la femme répandait la nouvelle dans l’abri. En quelques minutes, toute la cave était debout.[…]
Une femme à Berlin – journal 20 avril- 22 juin 1945
Mercredi 28 avril. (1886)
Oui, j’ai le dédain de l’humanité, que je côtoie chez les grands, et le laisse un peu trop voir, mais j’en ai le droit, ayant méprisé dans ma vie bien des choses, aux pieds desquelles, je l’ai vu agenouillée, cette humanité-là.
À moins d’être foncièrement un lâche, le duel n’est redoutable que pour l’homme, dont la pensée en est tout à fait éloignée, et qu’une affaire amène, sans préparation, à cette extrémité. Ainsi, dans ce mois, où j’ai vécu dans l’atmosphère du duel Robert Caze, du duel Drumont, je me
serais beaucoup mieux battu, que dans d’autres temps.Edmond de Goncourt – journal
28 avril 2026
Pourquoi mépriser le terme de bon et le remplacer par celui de beau... on ne dit plus passer une bonne journée mais passer une belle journée... une bonne personne, mais une belle personne... un bon anniversaire mais un bel anniversaire... la beauté est-elle la valeur à la mode au détriment de celle de la bonté ... ?
à y regarder de plus près et à l'aulne des événements actuels, sans aucun doute !...
C.D - journal de mes petits riens

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