Dimanche 7 juin ( 1896].
« Quand trouverai-je un cœur aimant? » Ah, quand le trouverai-je ? Je n’ai pas d’amie, pas de véritable amie, en ce monde. Par amie, je ne veux pas dire une de ces banales amitiés, celle qu’on éprouve pour des personnes qu’on connaît, qui sont de votre âge et dans votre position sociale. Oh, de ces amies-là, j’en ai plus que je n’en désire. Que de vingtaines de jeunes filles me comptent sur les listes de leurs amies ! – Oh, non, la vraie amitié, la vraie tendresse de cœur à cœur, où on se dit tout, où on s’aime plus que des sœurs, où on rit et pleure ensemble, celle-là, je ne la connais pas.
Et que de fois je l’ai cherchée, et que de fois j’ai cru la trouver !
Mais non. N’y a-t-il donc que moi en ce monde qui ai besoin d’aimer???
Il y a eu bien des personnes que j’ai aimées d’une très grande tendresse, et qui ne m’ont rendu en échange qu’une amitié froide et indifférente. Mais il paraît que c’est la règle dans la vie, puisqu’il y a toujours, hélas, un qui embrasse, et l’autre qui se laisse embrasser.
Parmi ces personnes, il y en a une que j’ai adorée, et je m’aperçois maintenant que la tendresse était uniquement de mon côté. Cette jeune fille, c’est Thérèse Desmazes, ma cousine. Elle a 23 ou 24 ans, est plutôt agréable que jolie. Oh, celle-là, c’était mon amie, la meilleure que j’ai jamais eue. Eh bien, je vois maintenant que ce n’était pas le même amour qu’elle me payait, mais une amitié banale et indifférente. Oh, la vie ! […]Catherine Pozzi – journal de jeunesse
Paris, 7 juin (1855)
J’ai été à Paris pour le banquet de l’Hôtel de ville donné en l’honneur du lord-maire ; faute d’être averti, j’ai manqué la cérémonie du matin qui a été, dit-on, fort imposante ; il s’agissait de la présentation par le lord-maire de l’adresse de la corporation de Londres à la municipalité de Paris. Les costumes du lord-maire et des aldermen valaient la peine d’être vus. Je suis parti à onze heures par l’omnibus de Lyon, escorté de Julie[42] ; en arrivant, et par une chaleur étouffante, j’ai été au Jardin des Plantes : il y a deux beaux lions, de jeunes lions, etc. Je mourais de chaud à les regarder : j’ai remarqué qu’en général le ton clair qui se remarque sous le ventre, sous les pattes, etc., se mariait plus doucement avec le reste de la peau que je ne le fais ordinairement : j’exagère le blanc. Le ton des oreilles est brun, mais en dehors seulement.
De là, chez Sirouy, le lithographe, voir la planche qu’il a commencée (les Croisés de Moreau) ; ensuite, à la maison, où je me suis senti très fatigué, très accablé. J’ai une nature singulière : ces déplacements, dès le matin, me
causent toujours une fatigue nerveuse extrême, et je peux me remettre pour très peu de chose.
Le soleil me nuit toujours ; je me rappelle l’homme d’Épinal qui me disait que s’il se mettait au soleil après son déjeuner, il éprouvait un malaise considérable.Eugène Delacroix – journal
7 juin 2026
Il y a, autour de moi, une destination très prisée, la Norvège... est-ce l'effet canicule qui induit ce phénomène ?...
C.D - journal de mes petits riens

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