30 juin 1919
Riegerpark. J’ai fait les cent pas avec J. ‘ devant les buissons de jasmin. Menteur et sincère, menteur dans mes soupirs, sincère dans mon attachement pour elle, dans ma confiance, dans le sentiment de sécurité qu’elle me donne.
Cœur tourmenté.Franz Kafka – journal
30 juin 1934
J’ai trouvé l’amour – j’ai trouvé l’amour, l’amour, l’amour partagé ! Je suis bénie, je suis gratifiée, gratifiée d’une extase nouvelle, d’une nouvelle forme d’amour, d’un homme nouveau, d’un monde nouveau. Je rêve. Je ferme les yeux et je rêve, et je sens sa passion, je le vois blanc de passion, je vois le tremblement de ses lèvres. Je le vois rentrant dans la pièce après avoir été appelé ailleurs et je le vois poussé vers moi, littéralement poussé par une force dont je ressens l’impact. Je ne peux marcher à ses côtés sans qu’il s’accroche à moi.
Tumulte, tumulte, extase, aveuglement. « Je ne peux pas te laisser partir. Toi!» Et il fait des plans pour que nous puissions nous échapper toute une nuit à la campagne.
Parfois nous parlons, nous parlons, et puis, brusquement, il se penche sur moi et je ferme les yeux; je ferme les yeux, parce que, lorsqu’il met ses mains sur mes seins, je suis étourdie.
Un jour, il a fallu que nous parlions comme autrefois, parce que je m’étais prise dans un nœud du passé. J’ai essayé de rejeter le passé trop vite, trop violemment. Et il est revenu pour m’étrangler. Alors, j’ai combattu le besoin que j’avais de lui comme analyste, et comme être humain. Je refusais de me servir de lui. Il en était heureux, heureux de l’effort que je faisais – mais le seul fait d’exprimer mon désir de ne plus avoir besoin de lui avait suffi. Nous sommes retombés dans une relation plus normale. Il a vraiment analysé la situation; nous avons vraiment parlé. Je lui ai dit (miracle de sincérité de ma part) où j’en étais avec Henry – la vérité : « Ce qui reste très fort, c’est mon désir de le protéger. Prédominant. J’évite de passer les nuits avec lui; j’ai l’impression qu’il n’est qu’un enfant. » Tout. Et quand j’eus fini, nous avons replongé dans notre ivresse. Il m’a dit : « Tu vois, il n’y a pas de danger à parler, à analyser, à philosopher, parce que « cela » sera toujours plus fort, « cela » vaincra tout. » Et il ferme les yeux à son tour, dans une grande extase intérieure.[…]
Anaïs Nin – journal de l’amour
30 juin 2026
ça y est...! Je termine avec ces extraits sur l'amour/toujours... ce voyage dans cette vingtaine de journaux a été très enrichissant... contraignant, certes, par sa quotidienneté... mais si éclectique par ses participants... J'ai pu approfondir ma connaissance de certains et découvrir d'autres... Expérience plus que satisfaisante... comment rebondir maintenant...? Encore un moment intéressant... chercher et trouver comment rebondir...
C.D - Journal de mes petits riens
