Dimanche 31 mai (1959).
Dimanche ensoleillé, frais, divin.
Agenda libre pour la semaine qui vient, et somptueux sentiment d’espace, de puissance et de vertu créatrices. La vertu. Je me demande si je serai récompensée. J’ai écrit six nouvelles cette année, dont les trois meilleures ces deux dernières semaines! (Dans l’ordre : «Johnny Panic and the Bible of Dreams», «The Fifteen Dollar Eagle», «The Sha-dow», «Sweetie Pie and the Gutter Men», «Above the Oxbow», et «This Earth Our Hospital»). Très bons titres.
Et j’ai une liste de titres encore meilleurs. Lorsqu’on arrive à planter une seule petite graine, les idées viennent en foule. Il me semble que ce mois-ci j’ai réussi à maîtriser mon Oiseau de Panique. Je suis un écrivain calme, heureux et serein. Avec l’impression agréable d’apprendre et de me perfectionner à chaque nouvelle, mais aussi la tension stimulante du sentiment que j’ai de leur infériorité, sur tel ou tel point, par rapport à ce que je prévois d’écrire après dix ou vingt nouvelles de plus.
Cette année j’ai fait ce que j’avais dit, j’ai surmonté jour après jour ma peur de la page blanche, et me suis reconnue moi-même écrivain quoi qu’il arrive — refus, ou budgets amoindris. Ma meilleure nouvelle est « This Earth Our Hospital»…: humour, personnages hauts en couleur, bonne conversation rythmée. Progrès extraordinaire par rapport à «Johnny Panic», dans le même contexte, mais raconté comme un essai, avec seulement un ou deux autres personnages.[…]Sylvia Plath – journaux
Lundi 31 mai. 1886—
La comparaison que Daudet emploie, en parlant de ses mains à son réveil, et qu’il dit semblables à des feuilles sèches, tant la contracture les a recroquevillées, cette comparaison me trotte, toute la
journée, dans la cervelle. Il me parle aussi de l’espèce de vacillement, que le bromure apporte à sa mémoire, le forçant, dit-il, de se raccrocher à des jambages de souvenirs ; et à ce propos, il émet une observation curieuse,
il affirme que la lutte de Flaubert avec les mots, a dû venir de la masse énorme de bromure qu’il avait absorbée.Edmond de Goncourt – journal
31 mai 2026
Toujours étonnée par la folie joyeuse et tapageuse - si ce n'est violente - qui atteint les foules passionnées -ou non- de football quand leur équipe favorite gagne... comment peut-on éprouver une émotion aussi forte pour un jeu que l'on ne joue même pas soi-même...?
C.D - journal de mes petits riens

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