30 mai.(1856) —
… Quant à la beauté de la figure, aucune femme ne l’a jamais égalée… Cependant ses traits n’étaient pas jetés dans ce moule régulier qu’on nous a faussement enseigné à révérer dans les ouvrages classiques du paganisme : « Il n’y a pas de beauté exquise, dit lord Verulam, parlant avec justesse de tous les genres de beauté, sans une certaine étrangeté dans les proportions. » (Edgar Poë.)
J’ai été dans la journée inviter F. Leroy à venir dîner lundi avec Bouchereau : j’ai eu grand plaisir à le revoir. En rentrant, continué ma lecture d’Edgar Poë ; cette lecture réveille en moi ce sens du mystérieux qui me préoccupait davantage autrefois dans ma peinture, et qui a été, je crois, détourné par mes travaux sur place, sujets allégoriques, etc., etc. Baudelaire dit dans sa préface que je rappelle en peinture ce sentiment d’idéal si singulier et se plaisant dans le terrible. Il a raison ; mais l’espèce de décousu et l’incompréhensible qui se mêle à ses conceptions ne va pas à mon esprit. Sa métaphysique et ses recherches sur l’âme, la vie future, sont des plus singulières et donnent beaucoup à penser. Son Van Kirck parlant de l’âme, pendant le sommeil magnétique, est un morceau bizarre et profond qui fait rêver. Il y a de la monotonie dans la fable de toutes ses histoires ; ce n’est, à vrai dire, que cette lueur fantasmagorique dont il éclaire ces figures confuses, mais effrayantes, qui fait le charme de ce singulier et très original poète et philosophe.Eugène Delacroix – journal
30/05/49
Aussi sentimental et juvénile que cela puisse paraître, je ne peux résister à l’envie de copier quelques quatrains des Rubayat [d’Omar Khayyam], parce qu’ils expriment parfaitement mon exultation émotionnelle du moment…
Susan Sontag – Renaître
30 mai 2026
Edgar Morin est mort... mort à 104 ans après avoir tissé avec passion et dextérité toutes les connaissances qu'il a engrangées durant cette longue vie... envie de le relire...
C.D - journal de mes petits riens

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