29 mai 05 (1905)
Le roman de cet hiver…
Ça n’a pas été un jeune homme, un blond jeune homme.
Ah, bien plus baudelairien ! Une jeune femme’, attirante, tentante, tentaculante (sic) et spéciale : la maîtresse de Marie de Régnier-Gérard d’Houville ?. Schwob m’a dit, quelques semaines avant que je la rencontre : « Méfiez-vous. Elle est très dangereuse pour vous », avec son sourire si absolument ironique, et bon cependant…. Schwob n’a pas voulu dire plus. Moreno ajouta plus tard « que mes pires coquetteries s’exerçaient avec les femmes » et quand je lui demandai comment, me répondit qu’« elles me sentaient différente d’elles, insensible à ce qui les intéressait et intéressée par des choses qu’elles n’atteignaient pas » – et puis qu’il y avait en moi « quelque chose de dominateur qui excitait le besoin de se donner ». La vie lui donnait raison, lui avait déjà donné raison – et j’attendis cette nouvelle rencontre et cette nouvelle aventure, avec… avec un tas de sentiments que ça m’embête d’analyser.
Si, il faut dire que ma soif exaspérée d’amour m’avait faite vaincue d’avance. Vaincue malgré la répugnance, la tristesse et l’horreur.
Je n’ai pas été prise cependant.
Schwob, mon ami complet, vous qui avez été l’ami de tour moi-même, quelle douleur que vous soyez mort avec une pensée de doute en votre cœur !
Schwob, à vous seul j’aurais tout confié – et vous m’auriez estimée plus, je le sais, de cette lutte si énervante où vous avez cru que je serais la plus faible.
Et voilà.
Pour Qui est-ce que je me garde ?
Pour qui est-ce qu’On me garde ?
Je n’ai plus envie de rien. Je suis dégoûtée.
Je reste avec toute ma soif d’amour, et je n’ai plus envie d’être la maîtresse de personne. […]Catherine Pozzi – journal de jeunesse
Lundi 29 mai 1978.
On est allés déjeuner à pied au One Fifth, en chemin, on a vu Patti Smith avec un chapeau melon en train d’acheter de la nourriture pour chat. Je l’ai invitée en pensant qu’elle dirait non, elle a dit : « Super. » Quand on est entrés, on a vu le best-seller numéro un, Fran Lebowitz, assise avec Liza Robinson. Le One Fifth a du charme: c’est clair et moche.
Patti ne voulait pas manger beaucoup, elle s’est enfilée la moitié de mon déjeuner. Elle dit qu’elle n’aime que les blonds, qu’elle voudrait avoir une aventure avec un blond. Je n’ai pas cessé de penser qu’elle puait : elle serait acceptable si elle se lavait de temps en temps et s’arrangeait un peu mieux. Elle est toujours aussi squelettique. Elle travaille pour une galerie maintenant, elle fait des dessins et de la poésie. La galerie Robert Miller.
Elle a eu un bébé, à ce qu’elle dit — c’est ça qui lui a fait quitter le New Jersey, au départ, et elle l’a adopté à Rittenhouse Square. Elle parlait toujours du bébé en disant « lui », David lui a demandé ce qu’ « il » était comme sexe, elle a dit que c’était une fille. Elle me rappelle pas mal Ivy : tout pour la frime.Elle était en Italie le jour où Moro a été kidnappé, elle dit que tous les deux ont fait les grands titres à la télévision italienne ce jour-là. Elle a ajouté qu’elle ne se droguait pas dans les années 60, qu’elle avait commencé récemment, et juste pour le travail.
Avec tout ça, mon déjeuner de commères avec David, c’était râté, aucun potin (déjeuner : $ 35). Patti vit au-dessus du One Fifth, elle est rentrée, David et moi sommes allés à Mays chercher des fournitures pour le bureau ($ 32,89, $2,79). J’étais fatigué d’avoir marché au soleil.
Et ici, chez moi, l’eau chaude bout, il y a des fuites, j’ai des visions d’explosion, le mec ne vient toujours pas.Andy Warhol – journal
29 mai 2026
Fini le grand soleil hautement chauffant... mais la température reste encore un peu... et le manque d'énergie qui va avec... dans deux jours la Pleine-Lune et le changement de temps... on va perdre 10°C... on est malmené.e.s... et sur tous les fronts... un vent de folie souffle chez les chefs... la guerre à notre porte...
C.D - journal de mes petits riens

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