Samedi 28 mai 1977
On campe (gratuitement) dans une forêt nationale des Rocheuses. On a monté notre tente hier soir, bu de la Coors ce matin et quand on s’est réveillés il y avait de la neige partout! Je me suis levé, j’ai suivi le ruisseau et trouvé un bon endroit pour se faire un abri. Il neigeait. C’est l’endroit le plus beau que nous ayons vu jusqu’à maintenant. Samedi dernier on prenait des coups de soleil à Newport Beach et aujourd’hui on est sous la neige ! J’ai construit un abri avec les branches des pins et nous avons placé la tente dessous. Là je suis assis en face de notre tente, de l’autre côté du ruisseau, et je suis ivre de la beauté du paysage. Je suis ivre des Rocheuses !
Keith Haring – journal
mardi 28 mai 1929
Et maintenant, ce livre : Les Éphémères. Comment vais-je le commencer ? Et que sera-t-il? Je ne ressens pas de grand élan, aucune fièvre, rien que la forte pression des difficultés. Alors, pourquoi l’écrire ? Pourquoi écrire du tout ? Chaque matin j’en esquisse un petit fragment pour m’amuser. Je ne dis pas — je pourrais le dire — que ces fragments ont la moindre utilité. Je n’essaie pas de raconter une histoire. Cependant ce pourrait être fait de cette manière. Un esprit en train de penser. Ce pourrait être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j’essaie de représenter ; la vie elle-même qui s’écoule. Le vol des éphémères puissamment attirés en ce sens. Une lampe et un pot de fleurs au centre. La fleur peut toujours changer, mais il doit y avoir plus d’unité entre chaque scène que je n’en puis trouver pour l’instant. On pourrait appeler cela autobiographie. Comment m’y prendrai-je pour amener une pause ou un acte entre une arrivée d’éphémères plus intense qu’une autre, s’il n’y a que des scènes ? Il faut arriver à faire comprendre que ceci est le commencement, ceci le milieu, et ceci le sommet- quand elle ouvre la fenêtre et que l’éphémère entre. Il y aura les deux courants différents, les éphémères ne cessant de voler, la fleur toute droite au centre, et la mort et le renouvellement perpétuels de la plante. Elle pourrait lire les événements dans les feuilles. Mais qui est-elle ?
Je tiens absolument à ce qu’elle n’ait pas de nom. Je ne veux ni d’une Lavinia ni d’une Pénélope ; simplement « elle ». Mais cela risque de devenir « artiste » et « chatoiements de soies »; le symbolisme « robes flottantes ». Certes, je puis l’amener à penser le passé et l’avenir. Je peux inventer des histoires. Mais ce n’est pas cela non plus. Et je ne préciserai ni l’endroit ni l’époque. On peut voir n’importe quoi par la fenêtre : un navire, le désert, Londres…Virginia Woolf – journal d’un écrivain
28 mai 2026
Un tapis s'est envolé avec ses rêves d'orient... un autre viendra le remplacer avec ses châteaux en Espagne... c'est ainsi de déménagement en déménagement... jusqu'à l'ultime... le tapis rouge qui conduira la Grande Faucheuse...
C.D - journal de mes petits riens

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