Lundi 5 mai 1958
Regrets de n’être pas allée voir la pièce d’Anouilh. Par superstition je n’aime pas me séparer de Ted, fût-ce pour une heure. Je pense que je dois vivre dans sa chaleur et sa présence, pour ses odeurs et ses paroles, comme si tous mes sens se nourrissaient de lui sans le vouloir, et que privée de lui, au-delà de quelques heures, je me languissais, m’ étiolais et mourais au monde. … Mis mes bas de soie rouge avec mes chaussures rouges : stupéfiants, ou plutôt la couleur est stupéfiante, c’est de la soie couleur feu presque incandescente qui gaine mes jambes. Je ne peux pas m’ arrêter de regarder — le bas devient presque couleur chair, mais reprend du rose pour rougeoyer sur le contour de la jambe, dont il découpe la forme dans l’air, avec une concentration de pourpre là où elle s’achève, se déplaçant quand je bouge. Je suis très satisfaite. Je vais mettre ma jupe blanche plissée en laine, et mon chandail d’un superbe bleu clair profond, à encolure carrée, pour aller écouter Robert Lowell cet après-midi. J’ai lu quelques-uns de ses poèmes hier soir, avec une réaction étrangement semblable à celle que j’avais eue en lisant pour la première fois des poèmes de Ted dans St. Botolph : excitation, joie et admiration, envie de le rencontrer et de lui faire des éloges. On peut goûter les phrases, qui sont résistantes, noueuses, où couleur et fureur flamboient, et qui sont remarquables à dire […]
Sylvia Plath – journaux
Mardi 5 mai 1981.
Vincent a fait appeler un service de sécurité. Il ne voulait pas que je vienne au bureau mais j’avais du travail.
Peter Wise m’a dit que je devrais acheter un gilet pare-balles, qu’il savait où on pouvait les trouver. Je n’arrêtais pas de parler parce que j’étais nerveux. Je suis allé 11° Rue et University Place dans une drôle de boutique au deuxième étage ($6). Peter avait appelé Christopher pour qu’il m’y retrouve et prenne des photos. J’ai acheté un gilet pare-balles ($ 270). Le type était vraiment con, il a dit que ses affaires marchaient vraiment depuis le truc contre Reagan. Il avait des robes et des manteaux et des tas de fringues à l’épreuve des balles. Il y avait une veste de chasse que je lui ai demandé de mettre de côté pour moi, et que je passerai prendre parce qu’elle avait l’air bien chaude pour l’hiver. Nous lui avons demandé ce qu’il avait d’autre et il a dit qu’il ne le dirait pas devant la presse, parce qu’un journaliste de Stern était venu avec nous. Christopher est impatient d’y retourner pour voir ce qu’il a et qu’il ne voulait pas dire.
Christopher avait sa moto en bas mais je ne pouvais même pas monter dessus avec mon sac à dos. J’ai appelé Jay Shriver au bureau et il est venu me chercher derrière l’immeuble. Nous sommes montés avec le monte-charge.
Ça a été un jour fou. Le flic qu’on loue ne revenait pas du nombre de monstres qui travaillent là. Il y a toujours une nouvelle fille à Interview qui laisse entrer n’importe qui. J’ai appelé Jon à la Paramount, il était en réunion. Bob n’est pas venu au bureau.[…]
Andy Warhol – journal
5 mai 2026
Ne pas jeter un texte nul comme je le fais souvent... le reprendre et le travailler ... parce que l'idée de départ me parait intéressante...c'est un essai au programme d'aujourd'hui...
C.D - journal de mes petits riens

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