4 mai 1982 : aéroport de Bruxelles
Je n’ai pas écrit depuis longtemps. Il s’est passé beaucoup de choses. Tellement de choses que je n’ai pas réussi à les écrire. Je devrais probablement tenir un journal quotidien, mais je ne sais pourquoi, j’ai toujours du mal à me mettre à écrire. Aujourd’hui, c’est donc mon 24e anniversaire
[…]
En fait, mon « idée du monde » est très simple. Je conçois ma place dans le monde de manière (je l’espère) très humble et modeste. Je suis rempli de doutes vagues au sujet de mon rôle dans le monde. Mais cela ne m’empêche pas de participer au monde. Cela m’empêche juste d’en attendre la moindre chose. II me semble que la seule chose à faire dans le monde, c’est de « faire » quelque chose. Il faut « faire », et ces « actes » font le monde. Je ne fais rien de plus que ce que j’ai toujours fait quand je crée des choses.
Je ne sais pas si j’ai jamais compris ou si je comprendrai jamais ce que je fais, ou pourquoi je le fais. Mais je sais grâce à d’autres personnes qui ont toujours fait cela que ce que je fais est bien quelque chose de
» réel » , quelque chose qui demeure apparemment dans le monde.
Ceux qui ont couvert les grottes de dessins il y a des milliers d’années ont créé des choses qui sont toujours dans le monde. Le monde devient de plus en plus grand. Les gens comme Jésus-Christ ont aussi ajouté au monde des choses qui ne disparaissent pas. Il y a là une responsabilité encore plus grande. Les choses que je crée constituent un ajout très modeste comparé à cela.
Aujourd’hui j’ai 24 ans. 24 ans, ce n’est pas très long, mais ça constitue pas mal de temps. J’ai ajouté beaucoup de choses au monde. […]Keith Haring – journal
Jeudi 4 mai.(1876)
– La vraie saison de Nice est au mois de mai. Il fait beau à en devenir folle. Je suis allée rôder dans le jardin par le clair d’une lune toute jeune encore, au chant des grenouilles accompagné du murmure des vagues qui viennent doucement se briser sur les cailloux.
Divin silence et divine harmonie!
On dit des merveilles de Naples ; quant à moi, j’en suis désolée, mais je lui préfère Nice. Ici la mer baigne librement le rivage, tandis que là-bas elle est arrêtée par un mur à balustrade stupide, et même ce misérable bord est obstrué par des boutiques, des baraques, des saletés.
« Pensez quelquefois à moi ; quant à moi, je ne ferai que penser à vous ! »
Pardonnez-lui, mon Dieu, il ne savait pas ce qu’il disait. Je lui permets de m’ écrire et il n’ use pas seulement de cette permission ! Enverra-t-il seulement la dépêche promise à maman ?Marie Bashkirtseff – journal
4 mai 2026
Il pleut... pluie... pluie... pluie... Le vent joue avec la pluie... Le ciel est blanc... Ici, la pluie n'est pas morose... tout brille... tout sourit... et moi aussi
C.D - Journal de mes petits riens

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