22 avril.(1905)
Je reconnais que je vais mieux à ceci que me reprend le goût et le besoin d’écrire. Non pas un besoin de travail qui, lui, ne m’a jamais quitté, mais cette sorte de transposition immédiate et involontaire de la sensation et de l’émotion en paroles. Si J’eusse été seul aujourd hui, il me semble que je n’eusse pas désécrit de tout le jour.
A peine puis-je griffonner ces quelques mots ce soir dans mon lit. Sur ma table de nuit, le Journal de Stendhal.[…]André Gide – journal
Le (mardi] 22 avril [1919]
Le Restaurant Vatel
«Tu sais, Madeleine, c’est la première fois que je viens» – «Ah! c’est amusant.» Bon, la voilà encore qui parle la bouche ouverte avec un air à la fois naïf et mondain qui lui donne l’air d’une jeune fille anglaise du siècle dernier. Nous déambulons dans les couloirs ouatés de rouge, comme un théâtre. La loge s’ouvre par la magie d’un maître d’hôtel, la folle musique franco-américaine, romantico jazz-band monte jusqu’à notre petit salon suspendu sur la salle lumineuse comme un balcon.
Madeleine rit, tire les rideaux, commande des martini-cocktails et s’installe! Je m’émerveille : cette ravissante jeune femme pour moi seule, je suis émue, déjà plus que je ne puis dire. Puis, ne sont-ce pas là les mêmes tangos que l’on jouait chez Domergue lors de notre présentation ?[…]
Mireille Havet – journal
22 avril 2026
Hier nous avons longé la petite rivière Le Crevon de St Germain des Essourts à RY... magnifique vallée... d'autant plus belle qu'il faisait soleil... aujourd'hui me reste une grande nostalgie de la campagne... de cette verdure apaisante... de son silence habité par les oiseaux... du spectacle fascinant de l'eau qui coule sur les cailloux... entre des rives sauvages et qui s'enfonce dans la forêt...
C.D - journal de mes petits riens

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