22 juin.(1907)
Pour la quatrième fois complètement à neuf je reprends ce misérable livre, sur lequel j’ai déjà tant peiné. Les grands improvisateurs d’aujourd’hui crieraient à l’impuissance ou à la manie. Peu s’en faut aujourd’hui que je ne fasse chorus avec eux. Pourtant, vers la fin du jour, après un grand effort, je crois avoir remis en branle l’informe masse.
Le piano est arrivé hier. Bonne étude des admirables
Préludes de Chopin, que je repasse tous à la fois.
Chaque fois que s’est approché de moi le « succès »,
je lui ai fait des grimaces.
En 91 déjà je me souviens : j’étais avec Pierre Louÿs; nous rencontrâmes Retté au d’Harcourt, où nous allions diner, je crois. Celui-ci commence un grand éloge des Cahiers d’André Walter qui viennent de paraître et qu’il « achève de lire ». J’entends sa phrase : « C’est un des douze (ou des vingt) livres importants qui aient paru depuis… » Sur ces mots, je me lève pour accrocher un peu plus loin mon manteau, laissant Rette avec la moitié de son compliment dans la bouche. Quand je me rassieds, Pierre Louÿs se penche vers moi et à l’oreille :« Mon petit, quand on te complimente, tu pourrais au moins écouter. On dirait que ça te fait fuir. » C’était vrai. Aujourd’hui encore. Trop de fierté peut-être ; puis peur de la monnaie de singe. Les flatteurs sont vite avertis et ne s’y laissent pas reprendre.
André Gide – journal
Jeudi 22 juin.(1876) –
Je me moquais quand on me vantait l’Italie et je me demandais pourquoi on faisait tant de bruit de ce pays ; et pourquoi on en parlait comme de quelque chose à part. C’est que c’est la vérité. C’est qu’on y respire autrement. La vie est autre, libre, fan-tastique, large, folle et languissante, brûlante et douce comme son soleil, son ciel, sa campagne. Aussi je m’enlève sur mes ailes de poète (je le suis quelquefois tout à fait, et presque toujours par un côté quelconque), et je suis prête à m’écrier avec Mignon :
Italia, reggio di ciel,
Sol beato!Marie Bashkirtseff – journal
22 juin 2026
Une journée de surchauffe... dur dur.... Une année italienne, film de Laura Samani... mi è piaciuto molto... un polar lu dans l'obscurité... cool... journée pleine...
C.D - journal de mes petits riens

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