18 mai 1978
La mort de mam. : peut-être est-ce la seule chose, dans ma vie, que je n’ai pas pris névrotiquement.
Mon deuil n’a pas été hystérique, à peine visible aux autres (peut-être parce que l’idée de la « théâtraliser» m’aurait été insupportable) ; et sans doute, plus hystérique, affichant ma dépression, renvoyant tout le monde, cessant de vivre socialement, aurais-je été moins malheureux. Et je vois que la non-névrose, ce n’est pas bon, ce n’est pas bien.Roland Barthes – journal de deuil
18 mai 1942.
[..] Les menaces extérieures s’aggravent sans cesse et la terreur s’accroît de jour en jour. J’élève la prière autour de moi comme un mur protecteur plein d’ombre propice, je me retire dans la prière comme dans la cellule d’un couvent et j’en ressors plus concentrée, plus forte, plus « ramassée ». Cette retraite dans la cellule bien close de la prière prend pour moi une réalité de plus en plus forte, devient aussi plus simple. Cette concentration intérieure dresse autour de moi de hauts murs entre lesquels je me retrouve et me rassemble, échappant à toutes les dispersions. Je conçois tout à fait qu’il vienne un temps où je resterais des jours et des nuits agenouillée jusqu’à sentir enfin autour de moi l’écran protecteur de murs qui m’empêcheraient de m’éparpiller, de me perdre et de m’anéantir.
Etty Hillesum – Une vie bouleversée
18 mai 2026
Morose ... Mots roses ... oxymore osé ?
C.D - journal de mes petits riens

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