15 mai 1982.
La plus exquise des journées, qui stupéfie par sa beauté… appels d’oiseaux dans le bois (parmi eux, parmi les chants connus, le gazouillis des roselins pourprés – ils ont fait un nid dans notre nichoir à rouges-gorges)… une biche solitaire, traversant nonchalamment notre jardin… le soleil entrant à flots dans cette pièce merveilleuse… et encore, encore, une corne d’abondance de merveilles et de bénédictions : qui doivent être notées ici, de même que cette information : vaille que vaille, Mysteries of Winterthur prend forme… et une certaine agitation frénétique de ces dernières semaines s’est calmée (pour renaître, je suppose, la semaine prochaine – deux jours à NY: une lecture de poésie à la NYU, lundi ; le déjeuner de l’American Academy-Institute et son interminable cérémonial, mercredi, suivis par un dîner chez Bob et Lucinda)… En ce moment, Ray est en ville ; tout le monde dort (c.-à-d. les trois chats, rendus paresseux par cette douce chaleur) sauf moi; le monde est vraiment sur le point d’éclater en… paradis?… le genre d’image presque surréaliste, idyllique à friser la parodie, sur lequel on ne peut écrire très facilement ni élégamment, mais il le faut, je pense, il le faut vraiment, pour éviter le principal défaut de la plupart des journaux et journaux intimes – qui ne notent que désastres, plaintes, spéculations mordantes. Oui, il y a un paradis et, oui, nous y vivons parfois, en le méritant ou ne le méritant pas…[…]
Joyce Carol Oats- journal
Samedi 15 mai. (1886)
— Dans ce moment rien n’est plus vrai de ce qu’on a cru, en religion, aussi bien qu’en médecine, et qu’en quoi que ce soit. La peau n’est plus perméable, et un cataplasme est une absurdité n’ayant aucun effet, même lorsqu’il lui arrive d’empoisonner avec du laudanum. Le
vin, le vieux et vrai vin, connu jusqu’ici comme un réconfortant, est tout à fait contraire à la santé, et pourrait être à la rigueur un débilitant, etc., etc. Enfin sur toutes choses, deux opinions d’une autorité presque égale, dont l’une dit blanc, l’autre dit noir, et les notions de tout, confuses, incertaines, et dans cette anarchie de croyances, plus une seule vérité debout, et qui ne soit entamée par le doute.Edmond de Goncourt – journal
15 mai 2026
Prise de passion pour ce puzzle que je ne lâche plus et qui m'apaise... je ne pense plus... je suis concentrée sur ces petites formes colorées qui, prises individuellement, ont chacune leur charme et leur beauté et qui rassemblées font apparaitre une terrasse de café le soir*... je puzzle avec plaisir...
C.D - journal de mes petits riens
*peinture de Van Gogh

Laisser un commentaire