Jeudi 30 avril 1987
La fresque a été effacée par la pluie – Hourrah! J’ai trop mal de toute façon pour peindre. Cela signifie qu’il sera impossible de finir la fresque et de faire le tableau pour Beaubourg avant de partir au Japon. Donc je ferai le tableau pour Beaubourg à mon retour.
Je vais à Beaubourg leur expliquer. Entre-temps, ils ont accroché la toile. Elle est accrochée à l’envers (les coutures vers l’extérieur). Il est impossible de trouver la moindre personne dans ce musée. Il est tellement grand que personne ne sait ce qui s’y passe. Très frustrant.
Et maintenant ils me disent qu’ils ne feront peut-être pas non plus le sac qu’ils m’ont demandé de dessiner.
Je vais à la galerie Templon voir l’expo de Jim Rosenquist. Jolis dessins. Je ne sais pas quoi penser des peintures. Vais ensuite voir l’expo de Bruno Schmidt et tombe sur Kwong Chi.
Auparavant j’avais eu une querelle (débile) avec Juan dans la chambre parce que j’avais dit qu’il était « stupide » d’arroser les fleurs de la chambre avec le tuyau de la douche. Il a voulu rester à l’hôtel.
Mais je le rencontre dans la rue devant la galerie. Tout va bien.
Je vais voir l’expo d’Hervé Di Rosa. Déception, mais je ne m’attendais pas à grand-chose. Je suis certain qu’il est possible de voir la différence entre de la bonne et de la mauvaise peinture. Rien d’intéressant nulle part en ce moment. Basquiat et Condo sont les seuls que j’estime vraiment bons.
Déjeuner à mon restaurant préféré près de Beaubourg. C’est probablement le restaurant que je préfère parce que je sais quoi commander sur la carte et que les serveuses ne sont pas trop grossières. J’ai retrouvé Julia à l’hôtel pour définir la liste d’invités pour mon diner d’anniversaire. Kwong est parti en quête d’un restaurant qui fournira «l’arrière-plan » approprié.
17h00 : interview avec Otto Hahn à l’hôtel pour le magazine
Beaux-Arts.
Nous sommes interrompus par le coup de téléphone de George Condo, qui m’invite avec Juan à dîner chez Claude Picasso.[…]
Keith Haring – journal
Vendredi 30 avril 1926
Dernier jour d’un mois humide et venteux, si l’on excepte la soudaine ouverture de toutes les portes à Pâques, et l’été rayonnant dans sa gloire, comme il doit l’être toujours je suppose, mais derrière le voile des nuages. Je n’ai rien dit d’Iwerne Minster. Cela m’amuserait maintenant de voir le souvenir que j’en ai gardé.
Cranbourne Chase : les arbres rabougris de la forêt primitive, éparpillés et non groupés en une plantation bien ordonnée ; des anémones; des campanules, des violettes éparses, toutes pales, décolorées, livides, car le soleil brillait à peine. Puis le vallon de Blackmore, un vaste dôme d’air et des champs tombés au fond. Le soleil dardant çà et là quelques rayons ; une ondée qui s’abattait comme un voile tiré du ciel, çà et là ; et les collines à la pente fortement escarpée (si tel est le mot) de sorte qu’elles formaient des crêtes et des saillies.
Puis une inscription dans une église : « Chercha la paix et l’obtint. » Et la question : « Qui donc rédige ces épitaphes sonores et bien tournées ? » Et toute cette propreté dans le village d’Iwerne, un air de bonheur et de prospérité qui me poussait à me demander, malgré notre tendance à dénigrer, si ce n’était pas cela la vraie vie ? Et puis le thé et la crème (de cela je me souviens), et les pains chauds, et mon nouveau manteau de cuir, et Shaftesbury situé beaucoup plus bas et moins imposant que je ne l’imaginais, et la randonnée à Bournemouth, et le chien et la dame derrière le rocher, et la vue de Swanage et le retour à la maison.[…]Virginia Woolf – journal d’un écrivain
30 avril 2026
La communication directe disparait au bénéfice de celle sur les écrans... elle revient avec la promenade des chiens ...
C.D - journal de mes petits riens

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