Mercredi 24 juin ( 1987)
Je peins toute la journée. Je finis toutes les peintures. Otto Hahn vient voir et elles lui plaisent. Plein de gens viennent me regarder maintenant. Je travaille, sans interruption, toute la journée. À 22 heures, nous allons tous manger à la maison. Bon dîner sauf que je me suis défoncé après avoir fini de peindre et je suis un peu dans les vapes. Je ne parle pas beaucoup pendant le dîner. Et aussi dans la journée, le docteur d’Anvers était venu me voir pour me dire que toutes mes analyses de sang, les radios, etc., étaient normales. Donc tout allait bien jusqu’à ce que le téléphone sonne : c’était une «dame » du New York Newsday qui me demandait de commenter les rumeurs selon lesquelles j’avais le SIDA. Je n’arrive pas à croire que les choses en soient arrivées à ce point simplement parce que j’ai passé deux mois loin de New York ! J’étais nerveux parce que fatigué d’avoir tant peint et j’étais défoncé et je ne voulais pas avoir l’air hésitant. Je l’ai assurée que j’allais très bien et aussi que c’était odieux de sa part de me demander de commenter ça. Elle ne voulait pas me lâcher jusqu’à ce que je lui dise que je lui avais déjà accordé bien assez de mon temps et que je retourne dîner. Mais cela m’a mis d’humeur bizarre. C’est étrange, alors qu’en ce moment je travaille plus dur que jamais et que j’accomplis certaines des meilleures œuvres de ma vie, alors surtout que je me sentais si bien après avoir moi-même eu des doutes. Les gens sont trop impatients. Ils ne peuvent même pas attendre que vous soyez vraiment malade ! Cela ne me donne pas très envie de rentrer à New York !
Keith Haring – journal
24 juin 1978.
Quelles images étranges, épuisantes l’esprit inconscient nous impose… Me suis réveillée c matin après un rêve extraordinairement pénible et douloureux ; suis restée étendue sans pouvoir bouger pendant dix ou quinze minutes; quand je suis enfin allée dans 1a salle de bains me laver la figure, j’ai vu que j’avais vieilli de dix ans; marques profondes autour des yeux, deux étranges rides sévères du côté gauche de la bouche d’autres rides rebelles, têtues, sur les joues… j’ai regardé avec consternation ce visage fatigué, cireux, un masque que je détestais et ne pouvais accepter, et j’ai éprouvé l’espace d’un instant un sentiment violent de… de vertige d’irréalité, d’aversion pour ce qui constitue la réalité…
Maintenant, 10 h 30, après une longue douche après m’être lavé les cheveux, j’ai mon apparence de toujours. Aucun signe. Et le rêve s’efface rapidement. […]Joyce Carol Oates – journal
24 juin 2026
Le cerveau en marmelade... sucrée et amère... peux pas réfléchir... fait trop chaud... je me terre dans mes rêves... bientôt... oui bientôt... tout va changer... bientôt...
C.D - journal de mes petits riens

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