2 juin 1916
Que d’égarements provoqués par les femmes, en dépit de mes maux de tête, de mon insomnie, de mes cheveux grisonnants et de mon désespoir. Je compte : il y en a eu au moins six depuis cet été. Je ne peux pas résister ; si je ne cède pas au besoin d’admirer une fille qui en est digne et de l’aimer jusqu’à épuisement de mon admiration, c’est positivement comme si on m’arrachait la langue de la bouche. A l’égard de toutes les six, je n’ai presque qu’une culpabilité intérieure, mais l’une d’elles m’a fait faire des reproches par quelqu’un.[…]Franz Kafka – journal
Samedi 2 juin 1945
J’ai rendu visite à l’un des deux couvreurs et déclaré d’emblée, à la porte, que je venais pour reprendre le poste de radio qui avait disparu dans ma mansarde. Au début, il fit l’étonné : il ignorait tout de ce poste de radio, je devais me tromper.
J’eus alors recours à un sale petit truc : je lui exhibai le vieux bout de papier de l’hôtel de ville, qui disait que j’étais affectée au poste d’interprète auprès du commandement de la place, et lui fis comprendre qu’à tout moment je pouvais faire appel à un Russe, pour qu’il vienne fouiller la maison. Sur le coup, l’homme recouvra la mémoire : ah oui, il se pouvait bien que son collègue, qui habitait d’ailleurs dans la même maison, ait emporté l’appareil qu’ils avaient trouvé là, abandonné, pour le mettre en sûreté. Il me pria d’attendre, grimpa une volée de marches et revint trois minutes plus tard avec le poste, emballé dans un paquet encore ficelé. Et je pus constater que même le papier d’emballage provenait de ma mansarde. Le pouvoir comme moyen de pression. Un bout de papier a suffi pour lui faire croire que j’avais du pouvoir. Le truc a marché tout de suite.
Je suis persuadée que, sans cela, je n’aurais pas récupéré la radio. N’empêche que je ne parvenais pas à me défaire d’un certain malaise. Mais, je suppose que la plupart des mécanismes vivants progressent en recourant à de pareilles astuces — les couples, les entreprises, les États, les armées. […]Une femme à Berlin – journal 20 avril – 22juin 1945
2 juin 2026
Je persévère... j'explore la pratique de l'aquarelle... j'ai du mérite parce que, pour le moment, les résultats sont ridicules... mais ce que je cherche c'est d'abord le plaisir... et l'exploration est toujours un plaisir pour moi...
C.D - journal de mes petits riens

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