25 mai 1982.
Silence, soleil de fin d’après-midi, s’insinuant dans mon esprit au milieu des circonvolutions et des méandres des longues phrases de Winterthur... la relation scandaleuse (quoique toujours minimisée) des «torts faits aux femmes». À mi-parcours de « The Keening». Ma méthode consiste à aller très lentement, une page à la fois, puis à sortir me promener à pied ou à vélo, ou à jouer du piano… à revenir et réécrire la page… puis à la réécrire en général encore une fois… le problème de ce roman n’ étant pas du tout une question d’écriture (je commence à m’ en rendre compte) mais de réécriture. Ce qui me convient parfaitement; évite la sur-excitation, la tension, l’insomnie… puisque rien n’ a à être parfait la première fois, rien n’est parfait la première fois, d’ailleurs. (Winterthur se révélera peut-être un roman sans fin. Parce que, à présent que j’ai trouvé la voix, que je commence à me sentir à l’aise avec mon héros alter ego, pourquoi désirerais-je jamais m’arrêter…?)
[…]
Joyce Carol Oates – journal
25 mai 1978
Quand mam. vivait (c’est-à-dire toute ma vie passée), j’étais dans la névrose par peur de la perdre.
Maintenant (c’est là ce que le deuil m’apprend), ce deuil est pour ainsi dire le seul point de moi qui ne soit pas névrotique: comme si mam. par un dernier don, avait emporté loin de moi la mauvaise partie, la névrose.Roland Barthes – journal de deuil
25 mai 2025
La phrase que j'aurais aimé écrire, trouvée dans le journal de J.C Oates :
Le plaisir presque sybarite* d'une journée où il ne se passe rien...
Non seulement j'aurais aimé l'écrire pour ce, vers quoi elle renvoie, mais j'aimerais que ce soit possible de l'écrire... or en ce moment il ne se passe pas rien, et même si éclats et grondements sont encore lointains ils sont particulièrement inquiétants
C.D - journal de mes petits riens
*qui cherche le plaisir et le luxe

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