10 mai 1978
La solitude où me laisse la mort de mam. me laisse seul dans des domaines où elle n’avait point part: dans ceux de mon travail. Je ne puis lire des attaques (des blessures) concernant ces domaines, sans me sentir lamentablement plus seul, plus abandonné qu’avant: effondrement du Recours, même si lorsqu’il était là je n’y recourais jamais directement.Métonymie exhaustive (panique) du Deuil, de l’Abandon.
Roland Barthes – journal de deuil
10 mai 1933
La visite d’Artaud a perdu de son éclat, pourtant sur le moment elle m’a puissamment nourrie. Nous avons parlé avec passion de notre tendance à tout condenser, à tout passer au tamis, de notre quête de l’essentiel, de notre amour – de tous les instants – pour la quintessence dans la vie comme dans la littérature. Nous avons parlé de psychanalyse, avec une certaine agressivité au début. Il déplore avec amertume son exploitation pratique : selon lui, elle ne sert qu’à libérer les gens sexuellement, alors qu’elle devrait être considérée comme une discipline métaphysique, qui permettrait d’atteindre le Grand Tout. Nous avons découvert qu’en un sens, il en avait moins besoin que moi, parce qu’il n’a jamais perdu complètement son équilibre comme je l’ai fait. Il demeure lucide à l’égard de lui-même, objectif. Je suis soit plus naïve, soit plus émotive que lui, je ne sais. Le fait que je sois née presque entièrement sous des signes d’eau l’a beaucoup amusé. Il a dit que cela me convenait parfaitement, car il me voit faite d’une substance glissante, comme celle d’un poisson, difficile à saisir, même si on peut la sentir ! Est-ce la vraie signification du titre de ma première nouvelle : « La Femme que personne ne pouvait attraper » ? Seul Henry a pu me retenir ![…]Anaïs Nin – journal de l’amour
10 mai 2026
Passer au filtre du verbe plaire le spectacle qui s'offre à moi pendant vingt-quatre heures...
C.D - journal de mes petits riens

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