24 avril : 11h00 (1987)
Réunion avec Hans et un cadre de chez Mercedes-Benz à l’usine
Mercedes de Düsseldorf. Nous discutons de la possibilité que Mercedes peigne mes sculptures. Tour de l’usine. Assez impressionnant.
14h00 : retour à l’usine d’Essen pour essayer de construire la maquette. Impossible au début. Ai dû emprunter un ancien laminoir (portable) pour essayer de laminer l’acier. Décourageant après avoir travaillé chez Lippincott.
Finalement nous obtenons des résultats satisfaisants permettant au moins d’indiquer le rayon exact, la position, etc., des maquettes finales.
Retour à Düsseldorf pour rencontrer Helge Achenbach et parler d’une peinture murale pour le nouveau siège de BBD&O (une énorme agence de pub, à ce qu’on me dit) et rencontrer l’un des présidents de BBD&O. Tout a l’air OK.
Ensuite (surprise) dîner avec le type avec lequel Helge Achenbach veut que je conçoive un tapis. C’est sournois, mais inévitable. Je lui ai dit que je le ferai seulement si Sol Lewitt le fait, puisqu’il paraît que Sam Francis et David Hockney ont déjà donné leur accord et que Sol le fera aussi. Je n’en crois rien, et donc j’ai accepté de le faire seulement si Sol accepte. Je suis sûr qu’il refusera.
Mais s’il accepte, alors je le ferai.
Javais parlé à Hans de la peinture murale le soir d’avant et il a exprimé des inquiétudes (justifiées) au sujet d’Achenbach. Hans pense que Tony Shafrazi devrait être partie prenante. Je ne le crois pas. étant donné que Tony a parfois tendance à foutre en l’air des projets comme celui-ci en les compliquant à l’excès, mais pour apaiser Hans j’ai appelé Tony et suggéré qu’il rencontre Achenbach et obtienne un pourcentage. Et donc bien entendu tout le monde se fait de l’argent sur le projet et c’est moi qui bosse…. encore une fois.Keith Haring – journal
24 avril 1938
Jean vient me voir, paralysé, oppressé, en pleine crise. Je me lance et lui parle comme une analyste, avec force et acuité, comme je le faisais à New York. Je touche aux vraies racines et j’ébranle les fondations mêmes de sa personnalité, lui démontrant comment toutes ses activités ne font qu’accroître sa névrose, la transformant en une magnifique fleur vénéneuse.
Avec quelle complaisance il décrit son état, et le dramatise. Il a cherché à égarer Allendy dans un labyrinthe de discours et de récits de ses aventures afin de le dominer intellectuellement (comme j’avais cherché à le faire avec mes mensonges). Et il crée justement ce labyrinthe afin que personne ne puisse jamais vraiment le connaître, ni le soigner, afin de se masquer les véritables racines de sa maladie, qui vient seulement du conflit entre ses instincts et sa peur de la vie. Il détruit les amours mêmes après lesquels il court : par peur, il détruit les élans premiers que les femmes peuvent avoir pour lui (pour le Jean sensuel) et puis il se plaint de n’ être pas aimé. Il veut jouer au jeune magicien et séduire les autres, et ensuite il se plaint que personne ne le connaisse vraiment. De même, il est incapable d’écrire parce qu’il vise trop haut et ne sait jamais être simple. À force d’analyse, il rêve sa vie, réduisant à néant tout acte spontané – enfin, il exerce une véritable tyrannie sur son désir – une punition morale. […]Anaïs Nin – journal de l’amour
24 avril 2026
Les jours rallongent encore ... ce qui change l'humeur de fin d'après-midi... il n'y a plus cette morosité qui me happait quand la tombée de la nuit correspondait au tea-time...
C.D - journal de mes petits riens

Laisser un commentaire