19 avril.(1921)
Il est curieux qu’une fois qu’un écrivain a atteint une certaine notoriété, on cesse, nous Anglais, de nous occuper de lui. Il est classé, étiqueté, rangé.
Elle est timide la lumière qui brille sur la petite fenêtre; on pourrait facilement la chasser.
La neige.
Elle tombait si doucement, si gentiment, il lui sembla même qu’elle tombait avec une sorte de tendresse. Elle flottait dans l’air comme si elle avait des regrets d’on ne sait quoi, comme si elle avait voulu le rassurer, le réconforter. Oublié ! Oublié ! Tout est effacé, tout est caché, enseveli depuis longtemps, disait la neige. Rien ne peut ressusciter, rien ne viendra le torturer de nouveau. Il ne reste aucune trace. Tout est comme s’il n’y avait jamais rien eu. Vos pas et les siens sont depuis longtemps recouverts. Si vous vouliez la chercher, vous ne la trouveriez pas. Et si elle voulait vous chercher, ce serait en vain. Vous vouliez bien qu’il en soit ainsi, susurrait la neige. Vous êtes tranquille, bien caché, en paix, libre.A ce moment, sur ce mot, l’horloge frappa un coup, un seul, si sonore, si maussade, si désespéré que les flocons eurent comme un frisson, qu’ils semblèrent un instant hésiter, mais ce n’était que pour se remettre à tomber plus fort comme s’ils avaient eu peur.
Katherine Mansfield – journal
19 avril 1916
[…]
Rêve récent : nous habitions sur le Graben, à côté du Café Continental. Débouchant de la Herrengasse, un régiment s’engage dans une rue qui mène à la gare de l’État. Mon père dit : « Il faut voir cela tant qu’on est en mesure de le faire », il se lance sur la fenêtre (avec la robe de chambre brune de Felix, cette figure du rêve étant un mélange des deux personnes) et s’installe dehors, les bras étendus sur l’appui de la fenêtre qui est très large et fortement en pente. Je le rattrape et le tiens par les deux chaînettes qui servent de passants au cordon de sa robe de chambre. Par pure méchanceté, il se penche encore davantage, je tends mes forces à l’extrême pour le retenir. Je pense que si je ne veux pas être entraîné avec lui, il serait bon que je puisse fixer mes pieds à quelque chose de solide avec des cordes. Mais pour cela, il me faudrait évidemment lâcher mon père ne serait-ce qu’un instant, ce qui est impossible. Une pareille tension ne peut pas être supportée par le sommeil – surtout quand ce sommeil est le mien – et je me réveille.
Franz Kafka – journal
19 avril 2026
Une petite avance pour fêter mon anniversaire... le dimanche est plus avenant pour ces moments là... mais c'est dans deux jours que je passe dans le club de ceux qui ne peuvent plus lire Tintin ... Tintin se lit de sept à soixante-dix-sept ans...
C.D - journal de mes petits riens

Laisser un commentaire