Samedi 10 octobre. 1959
The New Yorker a accepté mon poème «A Winter’s Tale». Ça m’a fait plaisir, surtout après le refus de Harper’s.
Étrange sentiment de stérilité. Ce qui me rend malade, c’est quand les mots rentrent dans leur coquille, et que le monde physique se dérobe à la sélection et à l’arrangement, refuse d’être ordonné et recréé. Car alors j’en suis la victime et non le maître.
Je suis en train de lire Elizabeth Bishop, et j’admire beaucoup ses poèmes. C’est d’une belle originalité, toujours surprenant, jamais rigide, fluide, et plus savoureux que la poésie de Marianne Moore, sa marraine….
Si seulement je pouvais inventer une nouvelle manière poétique. Je me sens banale. Ou écrire une nouvelle vraiment bonne. Trop de rêveries, pas assez de travail. Je ne sais plus dessiner — mais il ne faut pas que j’oublie que mes premiers dessins sont toujours mauvais.
La pratique de l’allemand et du français me feraient remonter dans mon estime, pourquoi n’est-ce pas une incitation?Sylvia Plath –journaux 1950-1962
Lundi 10 octobre 1988
Lu aujourd’hui dans Le Monde, sous la signature de Pierre Lepape, un article très intéressant sur la sociologie des écrivains contemporains. S’il en ressort que très peu vivent complètement de leur plume, ce dont on se doutait un peu, une autre constatation m’a frappé : la plupart des écrivains vivent à Paris ou dans la région parisienne. Parmi ceux qui résident ailleurs, une majorité est déjà connue, voire célèbre.
Autrement dit : vivez en province, mais à condition d’avoir été reconnus par Paris. Pour les autres, ceux qui prennent le risque de la provincialité sans s’appuyer sur les assises de la notoriété, le risque est grand de ne pas exister.
Et pourtant. Ce moment de l’année est très particulier. Une longue période de tempête, vent et pluie, sur fond de couleurs d’octobre. À la fin du mois il y aura, comme chaque année, les prémices de l’été de la Saint-Martin, de grandes balades à pied dans la douceur, le ciel bleu, la rousseur des feuilles. Mais maintenant tout est à l’enclos, l’année fermée sur les les ailleurs, les peut-être. C’est une période à cueillir, sans rendez-vous, sans distraction mondaine. Une île pour s’appartenir.
Comment ne pas ressentir combien ce temps-là m’est précieux, comme écrivain? Pourquoi doit-il être un danger, alors que je sais bien qu’il est une vraie chance – chance pour mes mots de se ressembler, de naître sans contrainte, sans rancœur, de naître simplement s’ils doivent me venir ?Philippe Delerm – journal d’un homme heureux
10 octobre 2025
La lumière de l'automne me ravit. C'est le temps des feuilles rouges des liquidambars très présents en ville. Je marche le nez en l'air... Le ciel est d'un gris éclatant... tout flambe et l'œil se réjouit. Je viens de lire sur internet dans les cultures du monde entier, la feuille rouge représente le changement, le renouveau et la résilience ... admettons!
C.D

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