Jeudi 1″ février. (1877)
– Ces dames se disposaient à aller perdre agréablement quelques misérables centaines de francs à Monaco. Je les ai ramenées à la raison par un discours des plus amers, et nous sommes allées, moi et maman en panier, nous montrer au grand jour, puis chez la comtesse de Ballore qui est si aimable et que nous négligeons comme des mal élevées. Nous avons vu Diaz de Soria, le chanteur incomparable. Je l’invite, puisqu’il a fait une visite ; il m’ a semblé voir un ami.
Je suis bien disposée pour aller dans l’avant-scène gauche du rez-de-chaussée au Théâtre-Français, où Agar de la Comédie-Française donne une représentation. J’ai entendu les Horaces. Le nom de Rome a vingt fois retenti à mes oreilles d’une façon superbe et sublime.
Rentrée, j’ai lu Tite-Live. Les héros, les plis des toges… le Capitole, la Coupole… le bal masqué, le Pincio !…
Ô Rome!
Marie Bashkirtseff – journal
Mardi 1er février. (1887)
— Au dîner de Brébant de ce soir, commentaires autour de l’article du Post, sur le général Boulanger, qui est cause de la baisse de la Bourse…
On dit que Courcel a quitté l’ambassade de Berlin, parce que sa position n’était plus tenable, que le roi Guillaume et Bismarck, qui avaient continué, après la guerre de 1870, à regarder la France, toute vaincue
qu’elle était, comme une grande puissance, la tiennent maintenant en parfait dédain, depuis cette succession de ministères sans autorité. Freycinet lui-même avoue que les ministres étrangers lui disent :
« Oui, très bien, parfaitement, nous serions tout prêts à prendre des engagements avec vous, mais qui nous assure que vous y serez demain ? »Edmond de Goncourt – journal
1er février 2026
On the road again... again...
C.D - journal de mes petits riens

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