29 novembre 1977
→ « Deuil»
Expliqué à AC, dans un monologue, comment mon chagrin est chaotique, erratique, ce en quoi il résiste à l’idée courante – et psychanalytique – d’un deuil soumis au temps, qui se dialectise, s’use, «s’arrange». Le chagrin n’a rien emporté tout de suite – mais en contrepartie, il ne s’use pas.
– À quoi AC répond: c’est ça, le deuil. (Il se constitue ainsi en sujet du Savoir, de la Réduction)
– j’en souffre. Je ne puis supporter qu’on réduise
– qu’on généralise – Kierkegaard ‘ – mon chagrin :
c’est comme si on me le volait.Roland Barthes – journal de deuil
29 novembre 1982.
Pour une fois, grâce à une conduite sage, Ray et moi avons réussi, du moins le pensons-nous, à éviter de graves attaques de grippe. En restant à la maison au lieu de sortir, en nous tenant plus ou moins au chaud; absorbant des liquides, etc. Pendant un jour et demi, couchée sur le canapé, ici, sous une couette, j’ai lu des textes pour la revue et Middlemarch et divers poètes, tels qu’Ashbery, Chuck Wright. Prends des notes décousues pour des nouvelles… Pendant que Ray lit Winterthur : l’expérience vise à déterminer sa réaction à l’élément « policier à énigmes»; mais en fait ses commentaires intelligents et son enthousiasme (évidemment non feint) ont été merveilleusement gratifiants. Dîner, déjeuner, avec un lecteur aussi attentif !… c’est remarquable, vraiment ; et extrêmement utile. Ray n’ayant pas relevé un ou deux « indices» dans la première partie, il sera intéressant de voir si Elaine le fait.
Sinon, c’est peut-être qu’elles sont trop obscures… En amateur, je pense que, dans ce genre de fiction, c’est le degré de complexité ou d’obscurité qui détermine le public. Ceux qui lisent régulièrement des romans à énigmes ont un œil de lynx et sont exigeants, ceux qui n’en lisent jamais le sont moins, et c’est ce dernier groupe que j’espère séduire… Quoi qu’il en soit, que Ray lise le roman tel qu’il est et en discute avec moi est une expérience délicieuse. Il ne m’a suggéré aucun changement, il trouve que c’est bien rythmé et même brillamment fait… mais, comme mon père et ma mère, il semble tenir à moi; et est peut-être un peu prévenu en ma faveur[…]
Joyce Carol Oates – journal
29 novembre 2025
"La trame de l'existence", je vais voir cette exposition des œuvres de Magdalena Abakanowicz - sculptrice et artiste textile - au musée Bourdelle. Suis impatiente comme chaque fois que je suis sûre que je vais aimer.
C.D - journal de mes petits riens

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