NAPLES. Jeudi 13 avril 1876
Voir Naples et mourir ; je ne désire ni l’un ni l’autre.
[…]
Il n’y a qu’une seule chose à faire : se résigner. Je sais bien, pardieu, que c’est difficile, mais où serait le mérite ?… Je crois, folle que je suis, que les élans d’une foi furieuse, que des prières ardentes peuvent quelque chose !
Dieu veut une résignation allemande, et j’en suis incapable. Croit-il que ceux qui se résignent ainsi aient à se vaincre? Oh ! que non ! Ils se résignent parce qu’ils ont de l’eau dans les veines au lieu du sang, parce que cela coûte moins de peine. Est-ce un mérite d’être calme quand ce calme est dans la nature ? Si je pouvais me résigner, j’obtiendrais tout, car ce serait sublime. Mais je ne peux pas. Ce n’est plus une difficulté, c’est une impossibilité. Pendant des instants d’abrutissement, je serai résignée ; je ne le serai pas par ma volonté, mais bien parce que je le serai. Mon Dieu, ayez pitié de moi, faites-moi le calme ! Faites-moi une âme à qui m’attacher. Je suis lasse, très lasse. Non, non, ce n’est pas de tempêtes que je suis lasse, c’est de déceptions !Marie Bashkirtseff – journal
79 ans, 6 mois, 3 jours
Dimanche 13 avril 2003
Pasta, risotto, polenta, soupe de zucca, minestrone, épinards, antipasti maritimes ou végétaux, jambon tranché plus fin que du papier de soie, mozzarella, gorgonzola, panna cotta, tiramisu, gelati, les Italiens mangent mou. Conséquence, je chie mou. À Venise, vieilles gens, jetez vos dentiers dans le Grand Canal, vous êtes arrivés !Daniel Pennac – journal d’un corps
13 avril 2026
Hier soir quelqu'un disait ce n'est pas la longueur de la vie qui est à prendre en compte mais sa largeur... c'est une vie à deux dimensions... il manque la hauteur comme troisième dimension... et l'énigmatique temps pour la quatrième... et c'est là que j'y perds mon latin...
C.D - journal de mes petits riens

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