Samedi 11 avril 1931
Oh, j’en ai assez de corriger ce que j’ai écrit — ces huit articles. Je crois que j’ai appris à écrire vite, mais pas encore à fignoler. Je veux dire que le travail en soi est relativement facile, c’est cette corvée des corrections qui me donne la nausée. Et tout ce qu’il faut rajouter, et tout ce qu’il faut couper. Et l’on me demande encore des articles, toujours des articles. Je pourrais jusqu’à la fin des temps écrire des articles.
Mais je n’ai plus de plume — tout juste de quoi faire une croix. Et pas grand-chose à dire, ou plutôt trop, mais je ne suis pas en humeur de le faire.Virginia Woolf – journal
Mercredi 11 avril.
— On racontait, ces dernières années, qu’un de nos jeunes clubmen des plus connus, avait frété un yacht, pour faire une sorte de tour du monde, en compagnie d’amis et de cocottes, et qu’au moment du départ, les mères des jeunes gens ayant témoigné des inquiétudes de ce voyage, et ayant laissé percer le regret, si quelqu’un ou quelques-uns venaient à périr, de n’avoir pas à pleurer sur un tombeau au Père-Lachaise ou à Montmartre ; on avait fait une place dans la cale, au milieu de la cargaison de pâtés de foie gras et de bouteilles de champagne, à des bières de plomb, et comme le soudage est une opération très difficile, on avait embarqué le soudeur avec l’équipage.
C’était drôle, ce memento mori qu’on heurtait, à tout moment, dans cette petite fête, autour du monde.
[…]Edmond de Goncourt – journal
11 avril 2026
Le doute, compagnon de route... qui n'habite pas chez moi... mais avec lequel j'aime flirter, discuter, explorer... le doute , que j'embrasse... et qui me fuit quand s'installent l'absurde et l'horreur...
C.D - journal de mes petits riens

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