Mercredi 2 avril 1980. Naples – Rome.
Fred et moi devions partir pour notre audience privée avec le pape à 10 heures, alors nous avons quitté Naples à 7. Quand nous sommes arrivés dans la banlieue de Rome, le chauffeur ne savait pas comment arriver en ville. Nous avons dû suivre un taxi pour aller jusqu’au bureau de Graziella prendre deux billets pour l’audience. Suzie était très jalouse, c’était une audience trop privée pour qu’elle vienne, alors elle a donné à Fred sa croix pour la faire bénir. Nous avons pris nos billets et le chauffeur nous a déposés au Vatican. Quand nous avons vu cinq mille autres personnes qui attendaient aussi le pape, nous avons compris que Graziella ne nous avait pas obtenu une audience privée. Mais Fred a pris ses grands airs, il est allé voir les gardes pour leur dire que nous avions une audience privée avec le pape, ils ont ri. Ils nous ont finalement amené à nos sièges, avec les cinq mille autres personnes et une religieuse a hurlé : « Vous êtes Andy Warhol ! Puis-je avoir votre autographe? » Elle ressemblait à Valerie Solanis, alors j’ai eu peur qu’elle sorte un revolver pour me tirer dessus. J’ai dû en signer cinq autres pour d’autres religieuses. Je deviens nerveux quand je suis à l’église. Le pape est arrivé, il était dans une voiture dorée, il a fait le tour et finalement il s’est levé et a fait un discours contre le divorce en sept langues différentes. Un groupe de supporters répétait : « Allez, le pape! » Trois heures. Très rasoir. Finalement le pape est venu de notre côté. Il a serré la main de tout le monde, Fred a baisé son anneau et fait bénir la croix de Suzie. Il a demandé à Fred d’où il venait, Fred a répondu « New York », je prenais des photos — il y avait un tas de photogaphes tout autour — il m’a serré la main, j’ai dit que j’étais aussi de New York. Je ne lui ai pas baisé la main. Les gens, à côté, lui ont donné un plat en or, ils venaient de Belgique. Les gens derrière sautaient sur leur siège, c’était effrayant. Fred a voulu prendre un polaroid mais j’ai dit qu’ils allaient croire que c’était une mitraillette et nous tirer dessus, nous n’avons pas fait de polaroid du pape. Dès que Fred et moi avons été bénis, nous nous sommes sauvés.
Nous avons décidé que ce serait amusant d’inventer une bonne histoire à raconter à Suzie. Nous sommes allés déjeuner Piazza Navona ($45). Nous lui avons raconté que nous avions eu une audience privée avec le pape, qu’il avait tellement apprécié Fred qu’il nous avait demandé de rester déjeuner puis qu’il avait ensuite oublié de nous rendre la croix de Suzie.Andy Warhol – journal
2/4/49
Je suis amoureuse du fait d’être amoureuse ! – Quoi que je puisse penser d’Irene – (Irene Lyons, amante de H, devient l’amante de SS et joue un rôle important dans les journaux, de 1957 à 1963) – quand je ne la vois pas – Quelle que soit la réserve intellectuelle dont je m’imagine dotée – elle s’évanouit avec la douleur ; la frustration que je ressens en sa présence. Ce n’est pas chose facile que d’être rejetée aussi radicalement…
Susan Sontag – Renaître
2 avril 2026
Une journée sans nom... je ne sais plus quel jour nous sommes... sans doute parce que trop occupée par ailleurs... quand je m'en suis rendu compte il était encore temps d'aller au dessin... tout juste temps...
C.D - journal de mes petits riens

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