Samedi 28 mars 1981.
Je suis allé chez Halston à 9 h 45. Il y avait Steve Rubell et Ian. Halston a perdu 9 kilos et il buvait de la limonade. Il m’a raconté la vérité sur ce qui s’était passé. Martha Graham et lui se font tous les deux des injections de B-12, ce que je savais, mais la seringue qu’on lui avait envoyée était contaminée par du plomb. Sa jambe a commencé à lui faire mal et il est allé chez le docteur qui lui a dit de se précipiter à l’hôpital mais il n’a pas voulu, il voulait rentrer chez lui. Alors son autre jambe a commencé à lui faire mal. Il pouvait à peine marcher. Ils l’ont transporté d’urgence à l’hôpital. Ils pensaient qu’il allait perdre la jambe et ils l’ont opéré. Je crois que c’est vrai parce que Halston ne raconte pas d’histoires. Il était content qu’on n’en ait pas parlé dans la presse.
Ensuite nous sommes partis et Steve a omis de dire à Halston (rires) qu’il se rendait chez Calvin Klein. Steve m’a déposé et je suis allé à l’anniversaire du père de John Samuels au 123, 79° Rue Est. Le petit ami de John Samuels Sr, David, jouait du piano. Il a dit qu’il s’exerçait cinq heures par jour.
Mr Samuels a fait sa connaissance quand il l’a engagé comme professeur de piano. Il y avait de belles fleurs et David m’a dit : « Prends un gardénia en sortant ou il ne te parlera plus jamais. »Andy Warhol – journal
Vendredi 28 mars 1930
Ce livre est décidément une très curieuse affaire. Il m’a fait vivre une journée d’enivrement dont j’ai pu dire : « La naissance d’un enfant n’est rien à côté.» Et quand je m’installai pour l’embrasser dans son ensemble et me disputai avec L. au sujet d’Ethel Smyth ; et dissipé la querelle en promenade ; et perçu la pression de la forme, sa splendeur, sa grandeur, comme jamais encore, peut-être, je ne l’avais ressenti. Mais je ne m’en débarrasserai pas par l’exaltation. Je continue à creuser et je m’aperçois que c’est le plus difficile, le plus complexe de tous mes livres. Comment le terminer sinon par une énorme conversation au cours de laquelle chaque vie élèvera sa voix ? Une mosaïque, je ne sais pas. La difficulté vient de ce que tout est à haute tension. Je n’ai pas encore mis au point la voix qui parle, mais je crois qu’il y a quelque chose là, et je me propose de continuer à piocher à fond, laborieusement, et puis de récrire le tout en lisant de longs fragments à haute voix, comme des poèmes. Cela peut supporter des développements, car c’est, je crois, très comprimé
Quoi que j’en puisse faire, c’est un thème large et puissant, qu’Orlando n’était peut-être pas. En tout cas, j’ai sauté la barrière.Virginia Woolf – journal d’un écrivain
28 mars 2026
Un deuil n'en remplace pas un autre... ils se cumulent... et le corps est fidèle au rendez-vous, qui dit ce que les mots édulcorent...
C.D - journal de mes petits riens

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