22 février. (1860)
Réalisme. Le réalisme devrait être défini l’antipode de l’art. Il est peut-être plus odieux dans la peinture et dans la sculpture que dans l’histoire et le roman ; je ne parle pas de la poésie, car par cela seul que l’instrument du poète est une pure convention, un langage mesuré, en un mot, qui place tout d’abord le lecteur au-dessus du terre à terre de la vie de tous les jours, ce serait
une plaisante contradiction dans les termes, qu’une poésie réaliste, si on pouvait concevoir même ce monstre. Qu’ est-ce que serait, en sculpture par exemple, un art réaliste ? De simples moulages sur nature seraient toujours au-dessus de l’imitation la plus parfaite que la main de l’homme puisse produire ; car peut-on concevoir que l’esprit ne guide pas la main de l’artiste, et croira-t-on possible en même temps que, malgré toute son application à imiter, il ne teindra pas ce singulier travail de la couleur de son esprit, à moins
qu’on n’aille jusqu’à supposer que l’œil seul et la main soient suffisants pour produire, je ne dirai pas seulement une imitation exacte, mais même quelque ouvrage que ce soit ? Pour que le réalisme ne soit pas un mot vide de sens,
il faudrait que tous les hommes eussent le même esprit, la
même façon de concevoir les choses.[…]
Eugène Delacroix – Journal*
*ref. Wikisource
Le (samedi/ 22 février /1919]
La lettre de mon amie [Magdeleine Clauzel).
La lettre en marche vers moi à travers les pays, les provinces de la France, la lettre que j’attends dans la nuit de printemps, la lettre qui ne vient pas, qu’elle n’ écrit pas, et que j’attends, toute parfumée, toute bleuie de voyage avec sa haute écriture, les lettres détachées, bouclées, fines, capricieuses, stigmatisées par le signe graphologique et implacable de l’égoïsme, de la tyrannie, de l’énergie, dure, fantasque, à laquelle je dois mon malheur.
Les avenues sont heurtées, labourées de vent. On y promène son mal de tête, ses espoirs, ses rêves lourds qui font pleurer. Je suis tout habitée de visages, toute balancée par des silhouettes de femmes entrevues. Ma tristesse me tire en avant, vers de plus amples peines, vers mon âme que déchire le vent amer, le vent auguste des avenues.
Mon Dieu – Partir!
Dans le ciel où la saison se déploie, comme un éventail très parfumé, très sonore, le mot de voyage est enfin découvert. A l’orée du Printemps, le signe du voyage m’apparaît enfin!
Allons!
Vagabond de soi-même, vagabond du cœur troué, vagabond de la terre.[…]Mireille Havet – journal
22 février 2026
Toujours ce syndrome du hérisson... trouver la bonne distance... être proches sans se blesser... et c'est dans le quotidien que la difficulté réside... mais n'est-ce pas là le propre du vivre- ensemble ?...
C.D - journal de mes petits riens

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