12 février 1978
Sentiment difficile (désagréable, décourageant) d’un manque de générosité. J’en souffre.
Je ne puis que mettre cela en rapport avec l’image de mam., si parfaitement généreuse (et elle qui me disait: tu es bon).
Je croyais, elle, disparue, que je sublimerais cette disparition par une sorte de perfection de «bonté», l’ abandon de toute mesquinerie, de toute jalousie, de tout narcissisme. Et je deviens de moins en moins « noble», «généreux ».12 février 1978
Neige, beaucoup de neige sur Paris; c’est étrange.
Je me dis et j’en souffre : elle ne sera jamais plus là pour le voir, pour que je le lui raconte.Roland Barthes – journal de deuil
12 février 1977.
[…]
La remarque de Flaubert selon laquelle le contenu d’un roman n’est rien, pourrait ne rien être ; que le style est tout. Dans l’écriture d’un roman, c’est assurément vrai. Trouver la voix, le point de vue, l’angle de vue original qui soit le bon – tout est là. Ce n’est qu’ensuite qu’il semble que les personnages pourraient prendre vie indépendamment du langage : pourraient être repris, mettons, par quelqu’un d’autre et emmenés plus loin. On dirait de l’occultisme… mais est-ce simplement le sens commun ? Ou (comme une bonne part de ce qui est « commun») s’agit-il de pures sornettes ? Un roman est un écheveau de mots. Il est mots. Vraiment ? Il semble être des mots, alors. De même que les photos des journaux, vues de près, semblent faites de points. Ou un tableau, d’une série de coups de pinceau. Mais la «réalité » n’est pas dans le détail, elle est dans l’organisation, dans l’arrière-plan miroitant, la toile de fond… le monde évoqué par les mots. Le romancier pourrait par conséquent perdre les personnages de son roman, ses personnages « inventés », au profit de quelqu’un d’autre… prenant à tort le détail (les mots) pour la réalité cohésive d’ensemble. […]
… La tragédie contemporaine. Le petit, exagéré ; le grand, minimisé. L’impossibilité d’une relation entre l’individu et sa – ou une quelconque – communauté.
[…]Joyce Carol Oates – journal
12 février 2026
Réveillée avec un casque sur la tête... j'ai du mal à entendre... tout résonne grave... et les acouphènes s'en donnent à cœur joie... je crains que tenir un journal de ses petits riens ne se transforme en lister ce qui se dégrade... changer de regard ! ...
C.D - journal de mes petits riens

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