8 février.(1917)
Nous sommes sous la neige depuis une dizaine de jours.
Il ne dégèle même pas dans le milieu de l’après-midi, et le vent a ramené la neige en si grande abondance au revers des talus que, dans le chemin qui les borde, on a dû creuser des tranchées. Toutes les routes en contre-bas sont comblées jusqu’au ras des champs à l’entour. Quand on suit la routine, on enfonce jusqu’au haut des cuisses ; on disparait ; force est de marcher en plein champ, heureux encore si l’on distingue ses limites ; passé quoi, l’on roule dans la fondrière. J’ai longuement contemplé hier soir, et j’ai emmené Em, voir le presque imperceptible mais continuel travail du vent sur la neige ; toute la plaine est comme estompée par le mince voile de poussière de neige en mouvement ; elle court au ras du sol, comme fait le sable des dunes ; le soleil couchant l’irisait.
[…]André Gide – journal
ROME. Jeudi 8 février.(1877)
Je me suis endormie à Vintimille et je ne me suis réveillée qu’à Rome, moralement et physiquement. Malgré moi j’ai dû rester jusqu’au soir, car le train pour Naples part à dix heures seulement.
Toute une journée à Rome !
… heures vingt je quitte Rome, je m’endors et je suis à Naples. Je n’ai cependant pas assez bien dormi pour ne pas entendre un monsieur grincheux qui se plaignait au conducteur de la présence de Prater. Le galant conducteur a donné raison à notre chien.
Mais voici Naples. Êtes-vous comme moi ? À l’approche d’une grande et belle ville, je suis prise de palpitations, d’inquiétudes, je voudrais prendre la ville pour moi.
Nous mettons plus d’une heure pour arriver à l’hôtel du Louvre. Un encombrement et surtout des cris et un désordre prodigieux.Les femmes ont des têtes exorbitantes ici ; on dirait des femmes que l’on montre dans les ménageries avec les serpents, les tigres, etc.
À Rome, je n’aime que ce qui est vieux. À Naples, il n’y a de joli que ce qui est neuf.Marie Bashkirtseff – journal
8 février 2026
Les cauchemars nocturnes reviennent qui ne laissent comme trace que le malaise d'avoir participé à ce monde de violences... les images ont disparu... quelque chose d'impalpable, de furtif, s'empare de ma mémoire... quelque chose que les mots ne saisissent pas...
C.D - journal de mes petits riens

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