Mercredi 5 février [ 1896 ).
Il y a assez longtemps que je n’ai écrit. Qu’ai-je fait depuis ?
Hélas, pas grand-chose ! La malheureuse habitude de lire tout ce que je trouve me fait perdre bien du temps, et je ne peux pas m’en défaire. J’ai appris quelques leçons. Pour les livres que je voulais prendre, je les ai tous, excepté l’histoire de France. Ma grand-mère en a bien une mais beaucoup trop détaillée pour une commençante comme moi.Catherine Pozzi – journal de jeunesse
50 ans, 3 mois, 26 jours
Mardi 5 février 1974
Quant à moi, après la douche sans laquelle je ne me réveillerais pas, mon premier rendez-vous lucide est pour mon blaireau, un plaisir quotidien qui remonte à ma quinzième année : celui de me raser. Dans la main gauche le savon de Marseille, dans la droite le blaireau, trempé dans une eau tiède où j’ai préalablement plongé mon visage. Lente confection de la mousse, qui ne doit être ni trop liquide ni trop pâteuse. Barbouillage exhaustif jusqu’à obtenir un demi-visage parfaitement chantilly. Puis, le rasage proprement dit, qui consiste à rendre ce visage à lui-même, à retrouver une figure d’avant la barbe, d’avant la mousse, en ratissant large, de la peau du cou soigneusement étirée jusqu’aux bords des lèvres, en passant par les pommettes, les joues et les mâchoires, dont il ne faut pas négliger l’arête maxillaire où le poil ruse, avec la complicité de la peau qui se dérobe en roulant sur l’os. L’essentiel du plaisir tient au crissement du poil sous la lame, aux larges allées de peau dessinées par le rasoir, mais aussi à ce pari de chaque matin : avoir raison de toute la mousse par le seul usage du rasoir, ne pas en laisser le plus petit flocon à la serviette qui me séchera.Daniel Pennac – journal d’un corps
5 février 2026
Ne pas comprendre ce qu'on voit... ne pas voir ce qu'on ne veut pas comprendre... la mort est inconcevable quand on part festoyer avec des amis... et pourtant elle frappe... et elle a frappé tout près... trop près...
C.D - journal de mes petits riens

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