Mercredi 28 janvier (1959)
Journée claire, ciel bleu, tapis de neige blanche comme une lande rase, donnant un aspect cassant à tous les angles biscornus du toit et de la cheminée en dessous, et à la rivière blanche. Le soleil, derrière le bâtiment à gauche, frappe d’une lumière de pièce d’or une tour qui se termine par un dôme, et dont je ne sais pas le nom. Il faut que j’essaie d’écrire ici une page, une demi-page chaque jour, et de m’obliger à compter les éléments positifs, m’efforcer lentement de me faire une vie meilleure.
Étrange sentiment de bonheur hier, en dépit d’une mauvaise matinée, si je songe que je n’ai rien fait d’autre que travailler à un poème stupide, sur un océan-taureau, qui esquive toute affirmation directe sous prétexte d’allégorie symbolique. Lu A. C. Rich aujourd’hui, terminé son recueil de poèmes en une demi-heure — je les trouve stimulants, aisés, mais très professionnels, avec beaucoup de ratages et une certaine paralysie dans la recherche de quelque chose ; mais ils respirent aussi «la philosophie», ce qui est exactement ce dont j’ai besoin. Envie soudaine d’écrire une série de poèmes à la manière de Cambridge et Benidorm. Serait-il sommaire de dire «du genre New Yorker»? Cela signifie bien quelque chose.
Après-midi incroyablement heureuse avec Shirley hier.
Nous avons pris le métro pour aller chez elle. Il y avait de la fumée toute la journée, une fumée blanche contre un ciel plein de neige, fumée gris-noir contre un ciel où revenait un pâle coucher de soleil. J’avais emporté ma pile de tissus de laine, et je me suis mise au tressage du tapis : plaisir immense de couper les petits morceaux bien épais, me battre avec le tissu, et réussir à commencer une tresse.
Conversation aisée sur les bébés, la fertilité, incroyablement franche et agréable. J’ai toujours voulu « faire quelque chose» de mes mains, quand d’autres femmes cousent, tricotent ou brodent, et là j’ai l’impression d’avoir trouvé ce qui me convient. […]Sylvia Plath – journaux
28 janvier.(1908)
Assez bonne nuit, et, partant, assez bon travail ce matin (préface pour Emmanuel Signoret) — pour que je me permette d’étudier de nouveau une heure mon piano. Je l’avais abandonné résolument depuis bientôt deux mois, mon faible travail en étant jaloux.
Jammes, à déjeuner ce matin, nous raconte le mot d’une petite cousine de sa femme, qui, à neuf ans, disait :
« Ce n’est pas tant aux protestants que j’en veux qu’à Calvaire et Lutin. »
Il me lit, après déjeuner, d’excellents Poèmes mesurés.André Gide – journal
28 janvier 2026
Week-end réjouissant en perspective... avec largement de quoi nourrir le neurone... conférences, théâtre et cinéma... et ce, dans la chaleur de l'amitié...
C.D - journal de mes petits riens

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