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4 janvier
Lundi 4 janvier 1896.
Je m’aperçois, en lisant ce que j’ai écrit mercredi, que j’étais légèrement excitée avant d’aller à l’Opéra-comique, et le vin blanc et les petites ficelles étaient tout à fait inutiles pour me tenir éveillée. Je me suis royalement amusée à Don Juan ; c’est vraiment une musique adorable, et j’en ai joui tout à mon aise, car nous étions très bien placés.
C’est Papa qui a été si drôle, par exemple ! Au dernier moment, pris d’une envie folle de m’accompagner, il a trouvé un fauteuil libre quelque part dans la salle, et il est resté tout le temps ! Oui, tout le temps, depuis la 1ère note, jusqu’à la dernière, quoiqu’il ait déjà entendu Don Juan plusieurs fois, et quoique la pièce l’assommât cordialement. Mais, direz-vous, pourquoi est-il donc resté ?
Mais, aimable lecteur, pour moi ! Ah oui ! Et ce n’est pas assez ?
C’est la première fois que j’allais dehors le soir, et il restait uniquement pour voir « ma tête ». Eh bien, je crois qu’il en a été content, car il s’est délecté à me promener à son bras, pendant les entractes, et m’a présenté à une douzaine de messieurs inconnus, entre autres le comte de Haussonville, de l’Académie Française, s’il vous plaît !
Et Papa était fier !… Il fallait l’entendre dire : « M[onsieur), je vous présente ma fille ! » Ça m’amusait beaucoup. Si j’avais seulement 17 ans, Papa me promènerait partout… Allons, dépêchons-nous d’avoir 17 ans!Catherine Pozzi -journal de jeunesse
4 janvier. (1857)
— Les Cyclopes préparant l’appartement de
Psyché. (Contrastes, Vénus ou Psyché est là, etc.)
On ne peut nier que dans le Raphaël l’élégance ne l’emporte sur le naturel, et que cette élégance ne dégénère souvent en manière. Je sais bien qu’il y a le charme, le je ne sais quoi. (C’est comme dans Rossini : Expression, mais surtout élégance.)
Si l’on vivait cent vingt ans, on préférerait Titien à tout. Ce n’est pas l’homme des jeunes gens. Il est le moins maniéré et par conséquent le plus varié des peintres. Les talents maniérés n’ont qu’une pente, qu’une habitude ; ils suivent l’impulsion de la main bien plus qu’ils ne la
dirigent. Le talent le moins maniéré doit être le plus varié : il obéit à chaque instant à une émotion vraie, il faut qu’il rende cette émotion ; la parure, une vaine montre de sa facilité ou de son adresse ne l’occupent point ; il méprise au contraire tout ce qui ne le conduit pas à une plus vive
expression de sa pensée : c’est celui qui dissimule le plus l’exécution ou qui a l’air d’y prendre le moins garde.
Sur le Titien, Raphaël et Corrège, voir Mengs… Il y a un travail à faire là-dessus. […]Eugène Delacroix – journal
4 janvier 2026
La mise en place d'une nouvelle routine d'écriture productive et plaisante prendra quelques temps. Je viens de retrouver pléthore d'écrits inachevés que je voudrais utiliser... je ne sais pas encore comment... peut-être en reprenant le projet "La sacoche"... qui permettait toute forme d'écrits... à voir...
C.D - journal de mes petits riens

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