30 décembre (1911)
Mon goût pour l’imitation n’a rien de ce qui fait le comédien, il lui manque avant tout la continuité. Je suis incapable d’imiter dans toute leur ampleur les types grossiers, les tentatives que j’ai faites dans ce sens ont toujours échoué, elles sont opposées à ma nature. En revanche, j’ai un goût prononcé pour l’imitation des détails dans le grossier, quelque chose me pousse à imiter les manipulations auxquelles certaines personnes se livrent avec leur canne, la position de leurs mains, les mouvements de leurs doigts, et je le fais sans effort. Mais c’est précisément cette facilité, cette soif d’imitation qui m’éloigne de l’acteur, parce que cette aisance trouve sa contrepartie en ceci, que personne ne remarque que j’imite. Seule ma propre approbation, que je me l’accorde avec satisfaction ou, comme c’est le plus souvent le cas, de mauvaise grâce, me montre ma réussite. Mais l’imitation intérieure va bien plus loin encore que l’imitation extérieure, elle est parfois si convaincante, si puissante, qu’il ne reste plus aucune place en moi d’où je puisse observer et constater l’imitation, de sorte que je ne la trouve plus que dans mon souvenir.[…]Franz Kafka – journal
Mercredi soir, 30 décembre ( 1896]
Je vais vous dire quelque chose d’invraisemblable et qui, pourtant, va arriver : je vais ce soir à l’Opéra-comique entendre Don Juan !!! Aimable lecteur (c’est sans doute à moi-même que je m’adresse, car personne d’autre ne lira ces pages ; cependant, pour rendre ma phrase plus élégante, je dis : « aimable lecteur»), ne trouvez-vous pas cela renversant??? Moi, Catherine, aller au théâtre le soir ! Veiller plus tard que minuit !! Cela ne m’est pas souvent arrivé, c’est pourquoi j’ai une «frousse » atroce : la frousse de baisser doucement ma paupière et de partir pour le pays des songes au moment le plus palpitant. Cependant, Maman m’a promis de me pincer, si je m’oubliais à ce point. Allons, Catherine ! Courage, ma vieille typesse ! Sois digne de ton nom, honoré par tant de redoutables collégiens ! Allons, distinguons-nous. C’est la première fois que je sors le soir, il faut s’y préparer par une douche d’eau froide sur la figure, et un rien de vin blanc à dessert, ce soir. Courage, donc ! Surtout, restons éveillée, quand même je devrais attacher mes paupières en haut avec de petites ficelles !!!!!Catherine Pozzi – journal de jeunesse
30 décembre 2025
Mes acouphènes ne sont pas les bienvenus... ils sont le chant des cigales... avec un froid pareil ils prennent des risques... et qui sait ?... mes oreilles peut-être aussi...?
C.D - journal de mes petits riens

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