Dimanche 29 décembre (1935)
Je viens tout juste d’écrire les derniers mots d’Années. Cela filait, filait, bien que nous ne fussions que dimanche ; je m’étais accordé jusqu’à mercredi. Et je n’ai pas mes palpitations habituelles. Mais aussi, je souhaitais que cela se terminât dans le calme. Un ouvrage de prose. Est-ce bon ? Voilà ce qu’il ne m’est pas possible de dire. Est-ce que l’ensemble se tient ? Est-ce qu’une partie en supporte une autre ? Puis-je me flatter que c’est bien équilibré, que cela forme un tout ? En tout cas, il reste encore beaucoup de choses à faire. Il me faut encore condenser et préciser. Donner aux pauses leur valeur, et veiller aux répétitions, au déroulement. Dans cette version, le livre atteint sept cent quatre-vingt-dix-sept pages. Disons deux cents mots chacune (mais c’est voir grand), ce qui ramène grosso modo à cent cinquante-sept mille, disons cent quarante mille mots. Oui, cela demande à être affûté. Cela demande des coupures hardies, des accentuations. Cela va me prendre encore… encore je ne sais combien de temps. Et je dois, dans mon subconscient, sevrer définitivement mon esprit de ce roman, et préparer un autre terrain de création ; sinon, je sombrerai dans le plus amer désespoir. Que c’est étrange de se dire que tout cela va s’effacer et qu’une autre chose va prendre sa place […]
Virginia Woolf – journal d’un écrivain
29 décembre. (1856)
Voltaire invité, dans une réunion d’amis, à raconter une histoire de voleur, dit : « Messieurs, il était une fois un fermier général… Ma foi, j’ai oublié le reste. »
Il avait un fonds de philosophie et de détachement, et ce n’est pas de cela qu’il faudrait le blâmer.Eugène Delacroix – journal
29 décembre 2025
Une pièce du puzzle s'est immiscée dans mon rêve... celle qui manque bien sûr!
C.D - journal de mes petits riens

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