Vendredi matin, 26 décembre 1958.
Je pars voir le Dr. B. Froid lendemain de Noël. Un bon Noël. Ted dit que c’est parce que j’étais joyeuse. J’ai bien accueilli ma mère, je l’ai taquinée, j’étais ludique. J’ai beau la haïr, il n’y a pas que ça, je… l’aime aussi. Après tout, comme on dit, c’est ma mère. «Elle ne peut être envahissante que si vous êtes envahissable. » Ainsi ma haine et ma peur viennent de ma propre insécurité. C’est-à-dire? Et comment la combattre?
Peur d’avoir fait des choix prématurés qui ferment d’autres possibles. Je n’ai pas eu peur d’épouser Ted parce qu’il est souple, ne m’enfermera pas. Problème : nous voulons tous les deux une année pour écrire. Alors ? Pas d’emplois en plus. Une profession stable qui paie bien : la psychologie ?
Comment élargir mon indépendance ? Ne pas tout lui dire. C’est dur de le voir tout le temps, et ne pas avoir de vie au-dehors.
Peur de n’être plus en phase après avoir vu des gens d’Harvard, sentiment de m’être exclue de la course. […]Sylvia Plath – journaux
26 décembre (1921)
Insomnies prolongées. Jamais je ne me suis senti de pensée si active. Cette nuit, si j’avais eu près de moi un secrétaire, j’aurais dicté un quart de livre. Ma pensée trouve à se formuler beaucoup plus aisément et nettement que naguère. Je crois que je pourrais parler « d’abondance» devant un public dont je sentirais suffisamment la sympathie. Cette nuit j’imaginais une sorte de cours sur Dostoïevski ; conférences coupées de lectures, que j’aurais faites à moi-même, car les acteurs, que l’on choisit pour présenter au public des textes, ne les lisent jamais de manière satisfaisante (même pas J. Copeau, malgré son intelligence et ses dons) ; ils évoquent la scène et non point la réalité ; l’on sent que pour eux le livre aboutit au théâtre et n’est qu’un pis-aller ; ils sont pareils à ces habiles pianistes, à ces mauvais pianistes, qui, au piano, n’ont souci que d’imiter l’orchestre, et vous le font sans cesse regretter. Ils sont pareil à ces livres illustres qui vous font voir les personnages d’un livre, mais pas toujours de la manière qu’on eût voulu. L’art de la scène est une illustration continue ; mais, par contre, l’art de la lecture doit laisser l’imagination de l’auditeur, sinon tout à fait libre, du moins pouvant croire à sa liberté. […]André Gide – journal tome I
26 décembre 2025
Trop occupée pour avoir pris le temps d'écrire en temps voulu...
Je ferai mieux la prochaine fois
C.D - journal de mes petits riens

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