10 décembre 1977.
Grandes avalanches de neige.
Windsor est, ou était, hier, paralysée : nous avons été bloqués chez nous une bonne partie de la journée. Nous sommes maintenant dans un monde bleu et sauvage, une neige aveuglante, une brume qui monte de la rivière, très beau. Comme ce monde est beau, vraiment : il suffit de regarder. (En ce moment, une femelle cardinal, plumes gonflées, picore les baies rouges d’un buisson devant ma fenêtre. Gradations de couleurs merveilleusement subtiles rien que sur son jabot… et ce gros bec presque comique… la crête, le masque noir, le comportement vif, guilleret, le balancement arythmique de la queue… Le mâle attire l’œil comme une manifestation soudaine de la grâce, ou même de Dieu : mais la femelle est peut-être plus belle. Et voici un bruant à gorge blanche. Et encore un autre.)
Travaille comme d’habitude au roman. J’ai l’impression d’y avoir travaillé presque toute ma vie. À moins que ce soit lui qui, subtilement, me travaille…
(Ça y est, le cardinal mâle a fait son apparition ! À quelques mètres à peine, tous les deux picorent tranquillement des baies, les plumes gonflées contre le froid intense)[…]
Joyce Carol Oates – journal
73 ans, 2 mois
Mardi 10 décembre 1996
On parle beaucoup de maladie autour de moi.
« Toi, tu ne peux pas comprendre, tu n’es jamais malade ! » Une des vertus de ce journal aura été de préserver tout un chacun des états de mon corps.
Mon entourage y a gagné en bonne humeur.Daniel Pennac – journal d’un corps
10 décembre 2025
Deux jours que je ne suis pas sortie... j'hiberne... écriture, dessin, musique... il ne me manque que la campagne... j'aimais tant être derrière les vitres, gardée au chaud par les ondes d'une cuisinière à bois, et contempler le paysage qui sortait lentement des brumes matinales...
C.D - journal de mes petits riens

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