24 novembre. 1921
Ces jours derniers, j’ai été rebelle, terriblement.
J’avais la nostalgie de quelque chose. Je me sens déracinée. Je voudrais des choses dont J. sait si facilement se passer, qui ne lui sont pas naturelles. Je soupire après ces choses-là. Mais alors, plus fort que tous ces désirs, il y a cet autre, celui d’atteindre mon but, avant de faire quoi que ce soit de différent. Plus tôt les livres seront écrits, plus tôt j’aurai retrouvé la santé et plus tôt mes souhaits atteindront leur réalisation. Voilà la vérité pure et simple, c’ est évident. En
fait, je considère que ma captivité forcée ici est un don de Dieu. Mais d’autre part, il faut que j’en tire promptement le meilleur parti possible. Ce moment n’est pas illimité, non plus qu’aucune autre chose. Oh,pourquoi – pourquoi donc n’y a-t-il rien d’illimité ? Pourquoi suis-je troublée, chaque jour de ma vie, par la proximité, par l’inévitable de la mort ? A cet égard j’ai vraiment l’esprit malade. Et je ne puis pas en parler […]Katherine Mansfield – Journal
Mardi 24 novembre 1896
Douche. Travail. Personne à déjeuner. Travail (Nourritures). Vers , heures été au Mercure où je retrouve beaucoup de gens de toute sorte. Raccompagne Hirsch’ et Tristan Klingsor? jusqu’à l’avenue de Messine ou nous dinons chez les Maurice’. Fait beaucoup de musique le soir. Joué surtout un fragment du Déluge de Saint-Saëns’, des préludes de Franck. Piano, orgue et violon, un Panis angelicus de Franck’. Deux pianos, une suite de Grieg.
André Gide – Journal, tome I
24 novembre 2025
L'espace mental, un jardin à la topographie qui se minéralise avec le temps...
C.D - journal de mes petits riens

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