Dimanche 8 novembre [ 1896 ).
J’étudiais mon piano, tout à l’heure, lorsque Papa est entré et a montré à Maman un billet de deux places pour le théâtre de l’Œuvre. On joue l’opéra de Peer Gynt, avec la musique de Grieg.
C’est divin ! J’ai déchiffré cela à quatre mains, avec Miss Bruce, il y a dans cet opéra quantité d’airs adorables. « La Chanson du matin», « la mort d’Ilse », « la danse d’Anitra », je me pâme de délices en jouant cela. Que doit-ce être, joué par un bon orchestre !! J’ai demandé, j’ai supplié Maman de m’y laisser aller, elle n’a pas voulu.
Elle n’a pas voulu ! Et pour quelles raisons ! D’abord, parce que c’est le soir – Le soir ! Inepte préjugé ! « Les enfants doivent se coucher en sortant de table. » Voilà les idées de Maman. Elle devrait se mettre dans la cervelle que je ne suis plus une enfant. J’aurai bientôt 15 ans.
Toutes mes amies, qui sont de mon âge, vont au théâtre le soir.
Ça l’ennuie de s’embarrasser de moi. Ça doit être parce que je la vieillis ; songez donc, une grande perche comme ça ! Encore si j’avais des robes de bébé, comme elle le désire, mais je me suis opposée formellement à avoir des jupes au-dessus du genou. Mais J’IRAI. Je le VEUX. Je veux m’amuser aussi, moi, et ne veux pas rester dans une « nursery » jusqu’à 20 ans !!! J’ai décidé que j’irais, quand même je devrais pour cela faire semblant d’être malade.
Catherine Pozzi – journal de jeunesse
Mardi 8 novembre 1977.
Richard Weisman a débarqué, il rentrait tout juste du combat de Ken Norton. Il était agité, quand il a vu que j’essayais un nouveau genre de peinture, il s’est énervé. Ça ne lui a pas plu que je fasse mon « Chrissie Evert» avec un tas de petites photos plutôt que des grandes. Mais quand il s’est aperçu que la nana de Newsweek, qui m’interviewait, se régalait, il n’a pas arrêté de m’appeler tout le reste de la journée pour me dire qu’il était désolé.
Plus tard, Margaret Trudeau était à la partie donnée par Richard pour Vitas Gerulaitis, avec deux copines du Canada. L’une venait de divorcer, elle avait trois mômes, une grosse baraquée, l’air plus vieille que Margaret parce que plus grosse. Elle a décidé de me mettre le grappin dessus : elle s’est approchée, s’est mis les mains sur les hanches et m’a sorti des trucs pas possibles, y avait de quoi succomber! Personne ne m’avait jamais rien dit de pareil, le mot juste :
« Vous êtes tellement mieux que tout ce que j’avais espéré! » Je lui ai dit que Margaret devrait retourner avec son mari pour faire de la politique, elle n’en pouvait plus quand elle a entendu ça, c’est exactement ce qu’elle pense. Elle portait une étole somptueuse, violet foncé, — « aubergine », non ? Ils disent toujours ça dans les défilés de mode, et je ne sais jamais ce que c’est.
Lacey Neuhaus était là, avec François de Menil, elle a raconté qu’elle venait de rencontrer le plus grand cow-boy du monde, qu’elle allait l’interviewer pour Interview. Il y avait Frank Gifford, avec une femme, peut-être sa copine, peut-être sa femme — elle avait une couche pas possible de maquillage, le visage complètement blanc, et des tonnes d’eye-liner, mais très belle. Il l’adore, sa peinture. Le propriétaire des Giants était là.Andy Warhol – journal
8 novembre 2025
Pas le temps d'écrire... je sors... peut-être plus tard... en revenant
C.D - journal de mes petits riens

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