9 avril 1937
Helba est tellement malade que je vais l’emmener chez mon médecin. Cela à la suite d’un tendre après-midi passé ensemble, où nous nous sommes embrassées et avons échangé des confidences. Je l’ai donc accompagnée chez le médecin. Je traduisais ce qu’elle disait. L’homme auquel on l’avait mariée à quatorze ans lui avait communiqué la syphilis. On l’avait déclarée guérie il y a des années. (Mon Dieu, mon Dieu, Gonzalo a la syphilis. Gonzalo a la syphilis !)
« À quand remonte votre dernière prise de sang ? a demandé le docteur. Quel traitement aviez-vous suivi?
— On m’a fait un test il y a deux mois. On m’a prescrit des injections de mercure.»
Il s’est tourné vers moi, parce qu’elle ne pouvait pas l’entendre : « Cela explique la surdité. »
« Est-ce que votre mari…
—Non, mon mari ne l’a pas attrapée. Il a subi plusieurs tests. J’étais déjà guérie quand je l’ai rencontré. Et nous n’avons plus de rapports depuis six ans. » (Gonzalo, comme c’est vilain tout ça! Comme c’est terrible. Pauvre Helba!)
Pauvre Helba. Je l’ai embrassée, prise soudain d’une profonde pitié. Elle avait peur d’avoir trop parlé. Elle était là, allongée sur le divan, à demi dévêtue. J’ai vu ses jambes, son sexe, sa toison noire. J’ai éprouvé une pointe de jalousie à l’idée que Gonzalo avait caressé ces jambes, ces poils noirs.[…]
Anaïs Nin – journal de l’amour
9 avril.(1858)
— De la correspondance de Voltaire avec le cardinal de Bernis :
« Cette tragédie (celle de Calas) ne m’empêche pas de faire à Cassandre toutes les corrections que vous m’avez bien voulu indiquer : malheur à qui ne se corrige pas, soi et ses œuvres ! En relisant une tragédie de Mariamne que j’avais faite il y a quelque quarante ans, je l’ai trouvée plate et le sujet beau ; je l’ai entièrement changée ; il faut se corriger, eût-on quatre-vingts ans. Je n’aime point les vieillards qui disent : — J’ai pris mon pli.
— Eh ! vieux fou, prends-en un autre ; rabote tes vers si tu en as fait, et ton humeur si tu en as. Combattons contre nous-mêmes jusqu’au dernier moment ; chaque victoire est douce. Que vous êtes heureux, Monseigneur ! Vous êtes encore jeune et vous n’avez point à combattre. »[…]
Eugène Delacroix – journal
9 avril 2026
Aujourd'hui, il n'y a rien qui ressemble à des petits riens... je vois tout en ses excès... alors je laisse tomber...
C.D - journal de mes petits riens

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