26 mars 1979
Proposition pour une installation à la SVA Gallery, TriBeCa. Pour cet espace, mon idée est de poursuivre les objectifs qui ont caractérisé mes installations passées et, j’espère, les mener une étape plus loin.
La différence importante entre cet espace et les autres où j’ai travaillé est que celui-ci possède déjà des qualités structurelles intéressantes. Mon objectif est, comme avant, de redéfinir les qualités structurelles de l’espace, pour altérer la perception qu’en a le spectateur.
Les seules fournitures indispensables sont de la peinture blanche et de quoi peindre, pour que je puisse peindre la pièce entière en blanc (y compris le sol). Et la porte sera aussi sortie de ses gonds durant l’installation.
À partir de là, ma procédure sera de travailler à l’intérieur des contraintes de la situation (contraintes de temps, d’argent, etc.)
Puisque le nombre de couleurs et de formes est infini, leurs combinaisons sont aussi infinies, et, de même, leur effort. Ce matériau est inépuisable.
Vassily Kandinsky, Du spirituel en artKeith Haring – journal
Paris
Lundi matin, 26 mars (1956)Eh bien! Quelle vie!*’ Me voici à Paris dans une salle de l’Hôtel du Béarn, sur le point de monter dans ma chambre ensoleillée, sous les toits, pour trente francs de moins par nuit. Les gens de l’hôtel sont charmants, les croissants légers et moelleux et le beurre généreux, donc je vais rester et me dire que j’ai de la chance. J’ai un peu exploré ce matin pour trouver un endroit meilleur marché, mais tout était complet pour les vacances de Pâques. Il fait un temps splendide, un ciel bleu avec toute la fraîcheur de la campagne, et j’ai filé dans les rues tôt ce matin avec un sentiment miraculeux d’appartenance. Le séjour s’annonce bien. Je vais aussi pouvoir progresser en français…
[…]
Je me suis assise dans la pièce à vivre de la concierge pour écrire une lettre incohérente, tandis que mes larmes brûlantes trempaient le papier, que son caniche noir me consolait par de petits coups de patte et que la radio braillait : «Sourire, même quand le cœur se brise.» Je suis restée très longtemps à écrire, espérant que par miracle il allait franchir la porte. Mais il n’avait laissé ni adresse ni message, et mes lettres le suppliant de revenir à temps sont restées là, mes lettres bleues, non ouvertes. Ma situation me laissait vraiment abasourdie : jamais jusqu’à présent un homme n’était parti en me laissant pleurer son départ. …
Sylvia Plath – journaux
26 mars 2026
Sur la terrasse les giroflées sont en fleur... magnifiquement en fleur... c'est la première fois que je parviens à être avec des giroflées que j'ai semées... et j'en suis ravie... et elles parfument la terrasse... et elles colorent la terrasse... et elles ne disent aucune malveillance... ou si doucement que personne ne peut les entendre... et pourtant parfois il serait nécessaire d'écouter ce que les plantes ont à nous communiquer...
C.D - journal de mes petits riens

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