27 ans, 5 mois, 14 jours
Samedi 24 mars 1951
Hier, Venise par les oreilles, aujourd’hui Venise par le nez, toujours les yeux fermés. Imagine que tu sois aveugle et sourd, propose Mona, il faudrait que tu les reconnaisses au nez, ces sestieri, pour ne pas te perdre ! Alors, renifle : Le Rialto sent le poisson, les approches de San Marco sentent le cuir de luxe, l’Arsenal sent la corde et le goudron, affirme Mona dont l’odorat remonte jusqu’au XII° siècle. Comme je plaide pour visiter tout de même un musée ou deux, elle objecte que les musées sont dans les livres, c’est-à-dire dans notre bibliothèque.Daniel Pennac – journal d’un corps
24 mars 1938
Hier : une de ces journées où l’on se sent en excitation permanente. Impossible de travailler. La péniche était trop belle. Je suis allée me promener. J’ai vu une gourde hongroise – en cuir et peau de cheval. J’en ai eu une envie folle, pour qu’elle serve à Gonzalo. Je l’ai achetée avec bonheur.
Pourtant, lorsque Henry est venu voir la péniche (sa visite fut gâchée par ma peur de voir surgir Gonzalo), voici ce que je lui ai dit : «J’aimerais acheter la péniche et que tu puisses venir y vivre. Je renoncerais à Hugh et nous pourrions toujours nous débrouiller pour manger, si nous n’avions pas de loyer à payer. Est-ce que ça te plairait ? » Henry avait l’air si gentil et il semblait si enchanté par le bateau. Je me sentais mal. Je voulais la paix. Cette angoisse que j’éprouve quand je suis avec Henry – peur d’être surprise par Gonzalo. Une angoisse qui me fait me lever aux aurores à la Villa Seurat pour courir jusqu’à la péniche, de peur que Gonzalo ne vienne tôt et s’aperçoive que mon lit n’a pas été défait.
Je dis à Henry que c’est par crainte de perdre la bonne. Qu’elle a peur de passer les nuits toute seule et croit que je dors sur la péniche. C’est pourquoi il faut que j’arrive avant qu’elle ne soit levée, que je me glisse dans mon lit et l’appelle pour qu’elle m’apporte le petit déjeuner.
Je dis à Henry de ne pas s’aventurer jusqu’au bateau, parce que Hugh a confié à Jean et à Gonzalo le soin de s’occuper de la pompe et du générateur électrique et, comme ils viennent à n’importe quelle heure, ils pourraient nous surprendre et le répéter à Hugh. Je dis à Moricand de ne pas parler de Gonzalo à Henry.Anaïs Nin – journal de l’amour
24 mars 2026
Maintenant que je suis de retour de Madrid, les mots me viennent en espagnol... quand j'étais sur place ils avaient du mal à se confronter à ceux prononcés par les madrilènes... Mais maintenant je peux dire que Madrid me plait...
C.D - journal de mes petits riens

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