18 février 1989
[…] Rêves étranges. La mère et la sœur d’Yves sont de retour d’Espagne, où elles ont vu le corps et réglé les formalités pour le faire transporter à Vence. Il y sera ce soir. Elles veulent que je peigne un ange sur le cercueil. J’accepte bien sûr – pour Yves. Debbie veut aussi que je parle durant la cérémonie. Cela me fait peur, parce que je ne suis pas bon à ce genre de choses, mais je n’ai pas vraiment le choix. C’est incroyable comme je me sens soudain capable de tout supporter. C’est comme si je devais être fort pour tout le monde.
Mais au dedans. je me sens terriblement seul. Hier soir je lisais le livre d’ Yves. qui venait de paraître et dont il m’avait donné un exemplaire à New York, mais maintenant plusieurs passages semblent prendre un sens totalement nouveau. Certains sont vraiment sinistrement prophétiques.
Even when you die if it’s early in the morning, the birds are singing.
et
Success, success, successful romance
Younger, younger you become
The love, the love in your life
Will give you life until you die.
et
Creativity, biological or otherwise, is my only link with a relative mortality.
Tout le livre prend à présent un sens nouveau. Je suppose que la mort a cet effet. Elle vous force en quelque sorte à récapituler les choses et à rendre un jugement final. […]Keith Haring – journal
Vendredi 18 février. (1876)-
Au Capitole, ce soir, il y a un grand bal paré, costumé et masqué. À onze heures nous y allons, moi, Dina et sa mère. Je n’ai pas mis de domino ; une robe de soie noire à longue queue, corsage collant, une tunique de gaze noire garnie de dentelle d’argent, drapée devant et retroussée derrière, de façon à former le plus gracieux capuchon du monde, un masque de velours noir et dentelle noire, des gants clairs et une rose et du muguet au corsage. C’était ravissant. Aussi notre entrée produit un immense effet.
J’avais très peur et n’osais parler à personne, mais tous les hommes nous ont entourées, et j’ai fini par prendre le bras de l’un d’eux que je n’ai jamais vu. C’est très amusant, mais je crois que la plupart du monde m’ a reconnue. Il fallait mettre moins de coquetterie dans ma toilette, n’importe.
[…]Marie Bashkirtseff – journal
18 février 2026
Les coïncidences sont toujours troublantes ... d'autant plus quand elles n'ont d'autre alternative que d'être des coïncidences... Dans le journal de Keith Haring, il est question de la mort inattendue et brutale de son ami Yves... Le 15 février il écrit : "Debbie vient d'appeler. Yves est mort[...]" Ce n'est pas le même Yves à la crémation duquel j'ai assisté lundi dernier... mais j'aurais pu écrire comme l'a fait Keith Haring: "Je n'arrive pas à le croire"...
C.D - journal de mes petits riens

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