17 février.(1916)
Je suis triste ce soir. C’est peut-être à cause de ce vieux vent désolé qui souffle. Et penser à toi spirituellement ne suffit pas. Je te veux près de moi. Il faut que je m’enfonce dans mon livre, profondément, car alors je serai heureuse. Que je me perde, que je me perde pour te trouver, mon chéri. Oh! je veux que ce livre soit écrit. Il le faut. Il faut qu’il soit relié, empaqueté, envoyé en Nouvelle-Zélande. Je sens cela de toute mon âme… Et ce sera fait.
Notes pour L’Aloès
« Dis donc, Rags! Touche pas à ça quand je ne serai pas là. Si tu y touches seulement du bout du doigt, tu auras la main desséchée. »
« Nous sommes venus en autobus avec maman et on va rester déjeuner. A quelle heure est le déjeuner dans votre nouvelle maison?
– Comme d’ordinaire, dit Lottie. Quand la cloche
sonne.
– Peuh! C’est pas ça que je te demande, dit Pip.
Nous, on déjeune toujours à midi et demi. Allons à la cuisine, nous demanderons à la bonne à quelle heure c’est, chez vous.
— C’est défendu d’aller à la cuisine le matin, dit Isabelle. Nous devons rester dans le jardin de devant.[…]
Katherine Mansfield – journal
Samedi, 17 février.(1912)
Je ne puis que noter en courant la vie un peu tourbillonnaire de ces derniers jours. J’écris, assis sur un banc du Bois; le temps était radieux ce matin; c’est le secret de mon bonheur. Mais déjà le ciel se recouvre;
j’ai besoin d’Apollon; je dois partir.
Que j’ai de mal à me souvenir de ce que j’ai fait depuis mercredi!
Essayons : mercredi après-midi, j’ai été voir ces dames Valéry; je n’avais pas eu le cœur de leur écrire les mauvais renseignements reçus de Suisse au sujet des boues de Bataglia sur quoi comptait Paule G. : ces boues ne s’exportent pas. Puis je suis allé rejoindre Eugène Rouart, qui vient de rentrer à Paris. Ensemble nous avons poussé une pointe à l’exposition des futuristes italiens; puis été apprendre à la banque de M. que Kuyters, que nous allions y voir, n’y avait point paru de la journée. Sitôt après dîner, je cours prendre de ses nouvelles; trop tard; toute la maisonnée, grippée, est couchée.
Jeudi matin, chez Valentine Gilbert avec Em. pour liquider les affaires d’Édouard.
Après déjeuner, visite de Verhaeren, puis d’Élisabeth R. flanquée de ses deux filles et d’un jeune poète natiolaniste, qui « souhaitait faire ma connaissance ». Impossible de retrouver l’emploi de la fin de ce jour…[…]
André Gide – journal
17 février 2026
Moissonner... le thème de l'atelier d'aujourd'hui... moisson de souvenirs... si je devais lister et compter tous les lieux habités par ma mère ils ne tiendraient pas sur les doigts de mes deux mains... sans compter ceux de son enfance que je ne connais pas et ceux dans lesquels je n'ai pas eu le temps de lui rendre visite, j'en suis déjà à vingt...
C.D - journal de mes petits riens

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