6 février. (1855)
Dîné chez la princesse. Elle me plaît toujours : elle avait une robe dont elle ne savait que faire ; l’étoffe en était si magnifique qu’elle ressemblait à une cuirasse de vingt aunes ; grâce à cette ampleur ridicule,
toutes les femmes se ressemblent en ressemblant à des tonneaux.
Après dîner, j’ai été un moment chez Fould et suis revenu pour l’entendre avec Franchomme ; mais le plaisir de la soirée avait été deux ou trois morceaux de Chopin quelle m’avait joués avant mon départ pour aller chez le ministre.
Grzymala, à dîner, nous a soutenu que Mme Sand avait accepté de Meyerbeer de l’argent pour les articles qu’elle a faits à sa louange. Je ne puis le croire et j’ai protesté. La pauvre femme a bien besoin d’argent : elle écrit trop et pour
de l’argent ; mais descendre jusqu’au métier des feuilletonistes à gages, c’est ce que je ne puis croire !
Berryer venu chez la princesse.Eugène Delacroix – journal
6 février 1934
Six heures de travail avec Henry, passées à réfléchir avec lui, à l’observer en pleine action. Et il trouve encore du temps et de la chaleur pour les caresses.
Il est si beau, ce grand arbre dessiné sur le plan. Henry dans sa robe de chambre en laine bleu roi, réfléchissant, fumant, parlant. Moi, assise par terre sur un coussin, prenant des notes, m’imbibant, m’instruisant, regardant Henry en train de dévorer Lawrence, afin de mordre dans une chose que les autres ont à peine grignotée. La nature étrangement féminine, malléable, mimétique de l’esprit de Henry. Au cœur de ma joie, il y a toujours une crainte, la crainte de son inévitable cruauté.[…]
Anaïs Nin – journal de l’amour
6 février 2026
Le problème de la morosité est qu'elle est paralysante... elle créé une forme d'hibernation des gestes... quant au neurone, le pavillon est en berne...
C.D - journal de mes petits riens

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