Jeudi 13 décembre (1888)
On a parfois des idées sans queue ni tête. C’est ainsi que ce matin, regardant l’affiche du Théâtre Michel où est imprimée la distribution d’HENRIETTE MARÉCHAL, je pensais que, si un rêve avait annoncé à mon père, pendant qu’il faisait la campagne de Russie, qu’un jour, ses fils auraient une pièce représentée sur le théâtre impérial de ce pays de cosaques, il se serait réveillé en disant : « Pas possible! »
Ah ! le théâtre, c’est plein d’imprévu hostile ! Réjane, qui a une névralgie dans la mâchoire et qui n’a pas répété hier et qui depuis deux jours n’a pas mangé, après avoir avalé un bouillon qu’on est allé chercher chez Foyot, ne peut donner que les attitudes de son rôle, que dit tout haut la souffleuse.
Ah ! Sacretié, sacretié ! comme dit Gilbert dans sa chansonnette de
LA TÊTE DE VEAU.Edmond et Jules de Goncourt – journal , mémoires de la vie littéraire
13 décembre
Samedi matin, 13 décembre. (1958)
Alors apprends la vie.
Coupes-en une tranche épaisse avec le service en argent, une grosse tranche de gâteau. Apprends comment les feuilles poussent sur les arbres. Ouvre les yeux. La nouvelle lune mince est couchée sur le dos au-dessus du trèfle de Green Cities’ Service, et au-dessus des collines éclairées de Watertown, toutes en brique — la lune comme le doigt lumineux de Dieu, la paupière fermée d’un ange. Apprends comment la lune descend dans le gel nocturne d’avant Noël. Ouvre grandes les narines pour sentir la neige. Laisse arriver la vie. […]Sylvia Plath – journaux
13 décembre 2025
Les premières phrases de ces deux extraits de journaux intimes forment un dialogue qui m'amuse et qui pourrait être l'incipit d'une nouvelle...
- On a parfois des idées sans queue ni tête
- Alors apprends à vivre !
C.D - journal de mes petits riens

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