8 décembre.(1916)
J’ai réfléchi, réfléchi ce matin, mais sans aboutir à grand-chose. Je ne puis deviner pourquoi, mais on dirait que mon intelligence me fausse compagnie lorsque je veux redescendre sur terre. Tout va bien, tant que je plane au ciel. Et même, dans mon cerveau, dans ma tête, je suis capable de penser, d’agir, d’écrire des merveilles – des merveilles ; mais dès que j’essaie vraiment de les noter, j’échoue misérablement.Katherine Mansfield– journal
8 décembre.(1915)
Mon émerveillement d’enfant au premier eucalyptus en fleurs. Nous venions d’arriver à Hyères’. Je courus vite jusqu’à l’hôtel et n’eus de cesse que je n’eusse emmené ma mère contempler avec moi ces fleurs merveilleuses. Il me faudra redire aussi les promenades que je fis en ce temps-là aux iles ; le souvenir le plus enchanté de mon enfance est peut-être celui des instants, des heures, que je passai, dans le Sainte-Marguerite (ou Saint-Honorat), penché sur les rochers au bord de l’eau, à contempler cette féerie que présentaient, en ce temps, les aquariums naturels entre les roches. Anémones, étoiles, oursins diapraient les parois jusqu’à des profondeurs où ne les distinguait plus distinctement le regard; tout palpitait selon le rythme des vagues, mais il y avait des abris où ne parvenait plus même la plus molle ondulation de la mer ; là, la bête et la fleur respiraient avec indolence ; sortant d’antres obscurs, on voyait, en demeurant longtemps silencieux et immobile, se hasarder des animaux bizarres, presque un peu effrayants. Je restais ainsi, sans bouger, perdu dans une contemplation — je devrais dire: une adoration — dont ne me tirait, vers le soir, que l’appel de Marie pour le bateau du retour.
Je crains bien que ces bords des îles, si ravissants au temps de ma jeunesse, n’aient été aussi tristement abîmés que les environs immédiats de Cannes même ; comme le firent aussi les côtes d’Angleterre dont parle si bien Almund Gosse dans Father and Son ; et comme tous les lieux les plus souriants de cette terre, aussitôt que l’homme a commencé de s’y vautrer.André Gide – journal tome I
8 décembre 2025
Suis comme Katherine Mansfield en ce même jour de 1916... rien ne me vient... pas de petit rien... si ce n'est que je me sens apaisée ... dû au baume d'un dimanche plein de tendresses...
C.D - journal de mes petits riens

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