14 novembre.(1952)
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Alors voilà, ce soir, après une bonne pizza avec chianti, café chaud et rires, je suis montée dans la chambre rouge, blanc et vert, tout en lumière et vitalité – tout à fait Marcia. Là, sur son lit, elle a su toucher le point faible, névralgique, dans le petit noyau dur, âcre et gelé qui est en moi, et j’ai pu pleurer. Que c’était bon de me laisser aller, laisser tomber le masque ajusté, et me répandre en fragments hébétés, chaotiques. C’était la purge, la catharsis.
[…]
Magie. Symboles. Ne pas oublier l’illogisme de l’imaginaire. L’étrange tableau dans le débarras derrière la salle de bains : la fête, la bête et les friandises. Ne pas oublier, se souvenir. S’il te plaît, ne meurs plus : qu’il y ait au moins une continuité — un noyau de cohérence – même si ta philosophie doit rester une dialectique dynamique, fluctuante. La thèse, c’est le moment facile, les jours heureux.
L’antithèse est menace d’anéantissement. Dans la synthèse, il y a une complétude du problème. Combien d’avenirs devant moi (de combien de morts différentes puis-je mourir ?) En quoi suis-je une enfant ?
Une adulte ? Une femme ? Mes peurs, amours, désirs, sont vagues, nébuleux. Mais il faut réfléchir, réfléchir sans cesse — et de ce soir, conserver la résurrection sacrée, miraculeuse, de mon optimisme aveugle, avec sa force de création et d’intégration, qui était mort, gelé, parti au loin.
Aimer, être aimée. Par quelqu’un. Par l’humanité. […]Sylvia Plath – Journaux
14 novembre 1979
Fragments de la même chose à des moments différents. Au même moment où je parle au même moment je te parle aussi à des moments différents parce que je parle dans ces boîtes ces boîtes gardent les moments ces boîtes peuvent prendre ce moment et en faire un moment différent. Fragments de moments dans des boîtes.
Mettre les choses dans des boîtes. Mettre des fragments de la même chose dans des boîtes différentes. Fragments de la même chose à des moments différents. C’est la même chose.Keith Haring- journal
14 novembre 2025
Trois livres, un auteur. Les livres, Continuer, Apprendre à finir, Des hommes. Et l'auteur, Laurent Mauvignier, dont l'écriture, son style, m'a fait dévorer deux sur trois de ces livres, et m'a empêchée de poursuivre le troisième, Apprendre à finir ... à moins que plus profondément ce ne soit le titre de ce livre qui ait eu le pouvoir de perturber ma lecture, moi qui ne sait pas finir et qui m'enthousiasme surtout au commencement de toute tâche littéraire que je mets en place...
C.D - journal de mes petits riens

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