Jeudi 6 novembre 1997
La structure doit être adaptée à ma sensation du temps, ou plutôt évoquer, rendre sensible ma conception du temps : images séparées, objets ? Pas clair encore.
Je perçois le temps, en 97, comme séparation et distorsion, séparation infinie de moi-même, les poupées russes, évaporation du présent qui ne devient pas du passé. Le dire ou le représenter?
Les chansons (l’analyse des Platters) comme douleur mémorisée, et les films Les tricheurs, L’année dernière à Marienbad, la photo.
La solution simple est la mise en évidence de la permanence et de la dissolution en images, de l’appartenance à l’individuel et au collectif, dès le début. Puis l’histoire…Bref, l’exposé de la méthode?
Je veux tracer un passage dans un temps déterminé, 1940-2000, historique.
→ l’inclusion de l’actualité?
→ les personnages symboliques: Sœur Sourire, Scarlett
Ơ’ Hara, Dalida?
→ la somme courte? J’ai du mal à l’imaginer
Le sexe, c’est la permanence, l’anti-temps (et pourtant cela aussi peut disparaître).
J’ai toujours été déçue par le « elle » en écrivant. Le je/elle ne me satisfait pas non plus. Conclusion ?
Toujours aussi le dégoût de la «mise en scène». Un moment, tentée par le « elle » très objectif, comme Une femme.
J’ai toujours prévu plus grand que ce que j’ai fait. C’est ce qui m’inquiète dans mon projet actuel.Annie Ernaux – l’atelier noir
6 novembre 1915
Spectacle du va-et-vient de fourmis qu’offre le public massé devant et dans la tranchée !. Chez la mère d’Oscar Pollak. Sa sœur m’a fait bonne impression. Du reste, y a-t-il quelqu’un devant qui je ne m’incline pas? Pour ce qui est de Grünberg, par exemple, un être de grande valeur selon moi que, pour des raisons inaccessibles à mon jugement, presque tout le monde sous-estime : si l’on me mettait en demeure de dire – l’un de nous deux devant disparaître immédiatement – (c’est fort possible en ce qui le concerne, puisqu’il a, paraît-il, une tuberculose très avancée), lequel devrait disparaitre, je trouverais la question ridicule et je la trouverais telle jusqu’à l’extrême limite du problème théorique, puisqu’il va de soi que Grünberg – un homme incomparablement plus précieux que moi – devrait être conservé. Grünberg lui-même serait d’accord avec moi. Toutefois, une fois venus les derniers instants incontrôlables, j’inventerais des arguments en ma faveur – ce que tout autre aurait fait bien avant – arguments qui, dans d’autres circonstances,
m’eussent irrité jusqu’à la nausée par leur caractère grossier, pauvre, perfide. Ces derniers instants surviennent d’ailleurs en ce moment même, alors que personne ne m’impose de choix ; ce sont ceux où j’essaie de me sonder, a l’écart de toutes les influences extérieures qui font diversionFranz Kafka – journal
6 novembre 2025
Novembre gris s'installe... Plus lumineux à Lyon qu'à Rouen... Novembre n'est pas un mois pour la ville... mais pour la campagne où surgit peu à peu, d'entre les feuilles moribondes mais néanmoins ravissantes, le graphisme qu'empruntent les arbres pour dessiner l'hiver... En ville, novembre se déguise en décembre, avec ses vitrines de noël...
C.D - journal de mes petits riens

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