Lundi 20 janvier (1958).
Ce n’est pas bien, tous les soirs au moment d’écrire, ma main s’est arrêtée, et j’ai sombré dans le sommeil, laissant mon journal vierge. Réveil à midi aujourd’hui, remontée à la surface comme droguée, après une fin de semaine perdue. Tous ces bâillements qui viennent de si loin. J’ai plongé dans les abîmes de ma fatigue, et résultat : des tonnes de mots. J’écrème la surface de mon cerveau pour écrire. De la prose en ce moment. Je travaille sur le chapitre qui est le noyau dur de mon roman, pour le ramasser, le resserrer et en faire une histoire. Dimanche soir à Falcon Yard. Une jeune fille qui a épousé la statue d’un rêve, Cendrillon dans son cercle de flammes, et la cuirasse de son ego inexpugnable, rencontre un homme qui d’un baiser brise la statue, démontre la faiblesse de ses autres liaisons, et change à jamais le rythme de ses jours.
Introduire des personnages mineurs, les étoffer. Mrs. Guinea. Miss Minchell. Hamish. Monlike Derrick. Américains contre Anglais. En suis-je capable ? Peut-être en y passant un an […]Sylvia Plath – journaux
20 janvier 1979
Photo de mam. petite fille, au loin – devant moi sur ma table. Il me suffisait de la regarder, de saisir le tel de son être (que je me débats à décrire) pour être réinvesti par, immergé dans, envahi, inondé par sa bonté.
Roland Barthes – journal de deuil
20 janvier 2026
Tandis que je dormais du sommeil du juste une tempête solaire inondait la terre d'aurores boréales... donc je n'ai malheureusement rien vu... que les photos postées ce matin sur internet...
C.D - journal de mes petits riens
